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Stéphanie Guiraud-Chaumeil : « Albi est et doit rester une ville d’équilibre »

Réélue maire d’Albi en 2020, Stéphanie Guiraud-Chaumeil est également présidente du Grand Albigeois. Deux mandats qu’elle estime étroitement liés et deux territoires pour lesquels elle se veut ambitieuse. Tour d’horizon des projets à venir.

Quel bilan tirez-vous de votre premier mandat ?
À mes yeux, notre projet électoral de 2014 a été réalisé, tant à la Ville qu’à la Métropole. Les sujets sont interdépendants et sont traités soit au niveau communal, soit au niveau de l’agglomération. En Albigeois, nous accordons beaucoup d’importance aux investissements.
Investir, c’est préparer l’avenir, donner du travail aux entreprises et répondre aux besoins de nos citoyens. Entre 2014 et 2020, nous avons déroulé notre projet sur l’ensemble des axes qui étaient les nôtres.

Quelles actions ont selon vous marqué ces six premières années ?
Parmi les projets les plus importants, on peut citer l’aménagement de la zone de Pratgraussals, qui est aussi lié à la mobilité, puisque nous y avons développé des aires de stationnement dans la perspective de l’arrivée de la passerelle.
Il y a ensuite tout le travail réalisé sur les écoles, les nouvelles maisons de quartier, une nouvelle station d’eau… La spécificité du Grand Albigeois est d’exercer de nombreuses missions en régie, avec notamment un service d’eau potable. C’est important à l’heure où l’on parle de préservation de la ressource. Nous avons également lancé de nombreux projets autour du sport, puisqu’Albi est une ville très sportive, avec plus de 17.000 licenciés sur 50.000 habitants. Je peux citer la réfection de la piste d’athlétisme du Stadium afin de continuer à accueillir des compétitions nationales. Enfin, un autre projet emblématique est la nouvelle cuisine centrale, avec sa légumerie. Nous avons établi un plan alimentaire territorial, acheté des terres sur la Zad de Canavières (Zone à aménagement différé, Ndlr) pour permettre à des maraîchers de s’installer…

Quid du logement ?
Le PLUI adopté par les seize communes du Grand Albigeois sera complété sur ce mandat par l’élaboration d’un troisième PLH, à l’échelle de l’agglomération. Le programme Action Cœur de Ville a permis la rénovation de l’habitat ancien en centre-ville. Nous étions l’un des premiers projets d’Action Logement en Occitanie, avec 9 millions d’euros. Les chantiers sont importants et nécessaires pour l’emploi au niveau local et pour l’environnement. Je me réjouis que le programme se poursuive jusqu’en 2026 car il accompagne la mutation des centres-villes, qui ont un avenir. Nous avons pu lutter contre la vacance commerciale, avec cinq à six ouvertures par mois et moins de fermetures. Aujourd’hui, le centre-ville accueille la Fnac, ce qui prouve qu’il y a du flux…

« Nous sommes un peu l’Unesco que Toulouse n’a pas »

Pour 2022, votre feuille de route prévoit 19 millions d’euros d’investissement au niveau municipal, dont plus de 14 millions dans des projets nouveaux. À quoi doivent s’attendre les Albigeois ?
Une nouvelle fois, le sport est à l’honneur, avec la construction d’un bassin nordique notamment, et sans doute le projet d’une grande salle. Sur la plaine des sports de la Guitardié, nous allons aussi construire un terrain de cyclo-cross. Avec la croissance de la ville, nous prévoyons par ailleurs la construction d’une nouvelle école et travaillons sur de nouvelles maisons de quartier sur ce mandat.
Nous allons également, sur les années qui viennent, poursuivre l’aménagement urbain, avec la volonté de proposer un espace vert à dix minutes de chaque Albigeois. Cela passe par l’achat de certains espaces, mais c’est aujourd’hui une évidence et quelque chose que l’on peut faire dans nos villes à taille humaine. Le projet de renouvellement urbain va également se poursuivre dans le quartier de Cantepau.
Ensuite, plusieurs projets patrimoniaux sont prévus, avec des travaux à la collégiale Saint-Salvi par exemple. Surtout, nous portons un projet autour de la figure du navigateur La Pérouse. Le partenariat avec le musée de la Marine de Paris est signé et nous sommes en cours d’acquisition des locaux de la trésorerie générale. Nous avons une ambition à la fois scientifique et culturelle, qui aille au-delà d’un simple musée, afin de souligner la modernité de La Pérouse, qui est un des premiers à s’être intéressé aux océans. Nous espérons une ouverture en 2025-2026.

Vous annoncez beaucoup de travaux, de projets. Quelle est votre vision idéale d’Albi dans dix ans ?
Une ville d’équilibre, par rapport aux territoires voisins, au sein de l’agglomération. Mais aussi une ville d’équilibre pour les Albigeois, qu’il y ait un équilibre de population. On accueille beaucoup d’étudiants, il faut leur donner envie de s’y installer, sans oublier nos séniors… Je pense qu’il faut avoir une politique réfléchie sur la voiture en centre-ville, dont il faut réduire la présence sans être trop radical. Et enfin, un équilibre entre patrimoine et innovation, car Albi ne doit pas être une ville-musée.

Quelle est aujourd’hui la place d’Albi par rapport à la métropole toulousaine ?
Là aussi nous sommes un pôle d’équilibre. La relation avec Toulouse est très saine, très sereine. Toulouse n’a jamais été vue comme un frein ou un obstacle. Il y a une logique de complémentarité. Nous sommes un peu l’Unesco que Toulouse n’a pas et un élément d’attractivité supplémentaire. Vu de l’autre côté du monde, Toulouse, c’est Albi. Mais Albi, c’est aussi le vignoble de Gaillac et la vallée du Tarn. Il n’est pas question d’imaginer qu’on peut vivre sans Toulouse. Nous avons par exemple été la première collectivité à voter le financement du GPSO (Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, Ndlr). Mais on peut se développer avec notre propre identité.
Propos recueillis par Paul Péré
Crédits Photo : Rémy Gabalda

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Stephanie-Guiraud-Chaumeil-Albi-est-et-doit-rester-une-ville-d,35256