Pierre Fabre relocalise la production de deux molécules sur le site de Gaillac

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Le site gaillacois du groupe pharmaceutique Pierre Fabre accueille une nouvelle ligne de production d’ingrédients actifs contre le mélanome cutané, auparavant fabriqués en Allemagne. Un investissement de 6 millions d’euros, qui s’inscrit dans un plan plus ambitieux déployé depuis 2022.

Le 16 janvier dernier, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, s’est rendu sur le site Pierre Fabre de Gaillac (Tarn) pour inaugurer une nouvelle ligne de production dédiée à l’encorafenib, principe actif du Braftovi, un médicament utilisé dans le traitement de certains cancers de la peau. Une relocalisation depuis l’Allemagne, où la molécule était jusqu’alors fabriquée par le sous-traitant Axplora. Et un événement qui illustre « la capacité de l’industrie française à répondre aux enjeux de souveraineté sanitaire, d’innovation et de résilience, dans un contexte international instable », indique le cabinet du ministre.

Les premiers lots ont été produits à Gaillac en novembre 2025. Une seconde molécule, le binimetinib (principe actif du Mektovi), suivra avec une mise en service prévue début 2027. L’investissement, soutenu par le programme France 2030, s’élève à 6 millions d’euros. À terme, l’objectif est de « doubler la capacité de production annuelle » à l’aide de nouveaux équipements « qui permettront de paralléliser les étapes de chimie », précise le groupe Pierre Fabre. Le projet fera travailler une dizaine d’opérateurs de production.

30 millions d’euros sur quatre ans

La relocalisation s’inscrit dans un vaste plan d’investissement de 30 millions d’euros, déployé entre 2022 et 2025 sur le site gaillacois. Au-delà des deux lignes de production, il comprend la création d’un nouvel atelier pour la production de l’AV13, un principe actif biotechnologique entrant dans la composition des gammes Cicalfate et Xéracalm d’Avène. Le groupe a également lancé la "Gaillac Academy", un dispositif de formation interne pour pallier la raréfaction des formations publiques aux métiers de la chimie.

Le plan intègre aussi des projets environnementaux : réduction des consommations d’eau et des émissions de CO2 du site (en baisse de 16 % au niveau groupe depuis 2015) et installation d’un nouveau système de traitement des composés organiques volatils.

Un site stratégique au cœur du Tarn

Ouvert en 1976, le site de Gaillac emploie 207 collaborateurs. Il joue un rôle central dans le dispositif industriel du groupe, puisqu’il produit 117 ingrédients actifs pour la pharmacie et la dermo-cosmétique. Une capacité de production locale qui s’avère stratégique pour tout un secteur : selon les chiffres de Pierre Fabre, la filière chimie française a vu sa part de marché mondial chuter de 28 % à 13 % entre 2005 et 2025 et 15.000 emplois seraient actuellement menacés dans l’Hexagone.

L’entreprise maintient 90 % de sa production industrielle en France ; sur ses dix usines dans le monde, sept sont implantées sur le territoire national. Mais ses dirigeants tiennent à rappeler les difficultés de l’industrie chimique française : impôts de production, coût de la main-d’œuvre, contraintes environnementales et pénurie de compétences. Des freins qui menacent la compétitivité du groupe à l’international, malgré les 50 millions d’euros investis chaque année dans son outil de production français.

Pierre Fabre emploie 2750 personnes. En 2024, son chiffre d’affaires s’élevait à 3,1 milliards d’euros ; le duo Braftovi-Mektavi représentait à lui seul 10 % du montant global, autour de 321 millions d’euros.
Marie-Dominique Lacour

Sur la photo : Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, de visite sur le site Pierre Fabre de Gaillac, dans le Tarn, le 16 janvier 2026, pour inaugurer la ligne de production. Crédit : Pierre Fabre.

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Pierre-Fabre-relocalise-la-production-de-deux-molecules-sur-le,50168