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Alexis Martinez, H2V : « Nous voulons travailler en complémentarité avec les acteurs tarnais de l’hydrogène »

La société H2V, spécialisée dans l’hydrogène renouvelable, veut installer une usine dans le Tarn à l’horizon 2028. La société publique locale d’aménagement (SPLA) Les Portes du Tarn vient d’approuver le projet. Alexis Martinez, directeur général de H2V, nous le présente.

Alexis Martinez, pouvez-vous nous présenter H2V ?
H2V est une société qui a été créée en 2016 et qui s’est spécialisée sur la production de masse de l’hydrogène vert, c’est-à-dire avec des unités de production très significative. Les petits électrolyseurs produisent 1 à 2 Mégawatts, et nous sommes partis sur des productions à minima de 100 Mégawatts. H2V appartient au groupe Samfi-Invest, détenu par Alain Samson, industriel et entrepreneur normand. Nous avons développé en premier deux projets. L’un en Normandie, avec des débouchés industriels. L’autre à Dunkerque avec des débouchés réseaux et mobilité. L’initiative normande a été un succès. Nous avons obtenu un permis d’exploiter. C’était une première mondiale par rapport à la taille du projet. Le groupe industriel français Air Liquide est entré dans le projet en 2020 et l’a acquis définitivement fin 2021.
En parallèle, nous avons développé d’autres projets pour mailler le territoire [1] avec l’objectif d’avoir des usines qui permettent d’alimenter des stations services à hydrogène dans un rayon de 250 à 300 kilomètres.

Pourquoi lancer un projet dans le Tarn ?
Lorsque nous avons fait un état des lieux, nous nous sommes rendu compte que nous avions un trou au niveau de l’Occitanie. Nous n’avions rien pour couvrir les besoins de cette région. Il fallait un point central pour nourrir en priorité les futures stations du réseau de distribution que nous sommes en train de monter, nommé Distry. Nous avons prospecté pour trouver un foncier et notre choix s’est porté sur la société publique locale d’aménagement (SPLA) Les Portes du Tarn. Nous avons entamé des discussions qui ont abouti le 8 juin à l’engagement dans un processus de réservation du foncier. C’est un gros projet, qui coûtera 150 millions d’euros [2].

Quelles sont les prochaines étapes ?
Il va falloir finaliser le contrat de réservation de foncier puis passer devant un notaire pour une promesse de vente. En parallèle, nous allons nous lancer dans le processus d’autorisation (études d’impact, de danger, études environnementales, etc.).
Il faut environ trois ans entre le moment où l’on commence le processus et le moment où l’on obtient les autorisations d’exploitation. Ce qui nous amène à fin 2025-début 2026. Il faut ensuite encore deux ans pour construire une usine. La mise en service pourrait donc arriver autour de 2028. Nous sommes en discussion avec les autres projets autour de l’hydrogène dans le Tarn. Nous voulons travailler en complémentarité.

Des emplois vont-ils être générés localement ?
Nous estimons à environ soixante-quinze le nombre de personnes qui pourraient travailler sur le projet. Une partie embauchée directement sur l’usine, et le reste seront des emplois indirects. Nous voulons embaucher mais aussi former. Nous sommes très volontaires pour aider le développement de cursus de formations. Nous soutenons notamment le campus Hydrogène d’Albi.

Le Département du Tarn et la Région Occitanie vont-ils apporter un soutien (financier, matériel, etc.) au projet ?
Il est très important de travailler en coordination avec les acteurs locaux. Nous avons un dialogue très positif avec Christophe Ramond, président du Conseil départemental du Tarn. Nous avons aussi des liens avec la Région Occitanie qu’il va nous falloir renforcer. En termes de subvention, c’est un projet de grande ampleur qui est plutôt destiné à des subventions européennes (fonds innovations,etc). Les collectivités peuvent avoir des supports d’usage utiles (mise à disposition de benne à ordures, etc.).
Propos recueillis par Matthias Hardoy

Sur la photo : Alexis Martinez, directeur général de H2V. Crédit : Amélie Marzouk.

Notes

[1Parmi les projets : Thionville, dédié à la mobilité, Saint-Avold, destiné à l’industrie (sidérurgie). Mais aussi des projets à Marseille et en Ile-de-France.

[2Hors coût de la connexion électrique.

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/H2-V-TARN,34566