Aux Portes du Tarn, l’implantation d’un centre de distribution suscite des inquiétudes

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À Buzet-sur-Tarn, la création d’un centre ​d​e reconditionnement est soumise à l’avis du public jusqu’au 3 février, dans le cadre d’une demande d’enregistrement ICPE. Son implantation​, prévue pour 2028, crée l’émoi.

Trois ans après l’abandon du projet de plateforme logistique XXL Terra 2, deux ans après la levée des recours juridiques contre cet entrepôt, la création d’un centre de distribution, qui comprend un centre de réparation et reconditionnement de produits manufacturés, de stockage et distribution de produits aux Portes du Tarn,​ cette zone d’activités économiques au nord-est de Toulouse​, fait grincer des dents. Ce projet, porté par la société de gestion immobilière Acti-prime, est situé à Buzet-sur-Tarn, une commune de Haute-Garonne, et prévoit la construction d’un bâtiment à usage d’activités, de stockage et de bureaux présentant une surface totale de 20.444 m² répartie en trois cellules de 6000 m² aménagées en zone de stockage et zones de préparation.

Dans le cadre d’une demande d’enregistrement, au titre de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), le public est consulté : les habitants de Saint-Sulpice-la-Pointe, dans le Tarn, de Buzet-sur-Tarn et Roquesérière, toutes deux en Haute-Garonne, sont invités à donner leur avis jusqu’au 3 février. Ces trois villes s’étendent sur le périmètre de la Zone d’aménagement concerté​ (Zac) Les Portes du Tarn.

Mais des voix s’élèvent contre le projet. « La communication se fait a minima, il n’y a aucune publicité sur cette consultation et aucune information des arguments en faveur de cette implantation. Et c’est problématique​ », réagit Julien Lassalle, porte-parole de Stop Terra 2, un collectif fondé en 2018, composé de l’association Saint-Sulpice active et citoyenne et des élus d’Europe Écologie-Les Verts et de La France insoumise. « On se pose des questions sur la stratégie de commercialisation sur des parcelles de taille importante et on craint que ce projet serve d’alibi à une activité logistique​ », pointe le candidat à la tête d’une liste citoyenne à la mairie de Saint-Sulpice-la-Point​e. « Selon nous, la stratégie ne favorise que l’implantation de projets logistiques​, consommateurs de foncier, sachant que l’industrie disparaît de notre pays. »

« Le classement ICPE n’a pas vocation à qualifier une activité de dangereuse »

Le 19 janvier, le collectif a adressé un courrier à Christophe Ramond, le président socialiste du département du Tarn à la tête de la société publique locale d’aménagement, la SPLA, qui s’est vu confier, par les collectivités actionnaires (la Région Occitanie, les Départements du Tarn et de la Haute-Garonne, et deux communautés de communes), le développement de la zone économique jusqu’en 2042. « Pour mémoire, le Conseil départemental du Tarn s’est engagé à bannir toute activité de logistique liée à la consommation de masse », a rappelé le collectif. « Pour faire taire nos inquiétudes, pourriez-vous nous communiquer les éléments concrets qui vous permettent de considérer que cet entrepôt ne sera pas principalement un bâtiment dédié à la logistique commerciale de distribution et nous indiquer le nom de l’entreprise ? »​

En réponse, le 23 janvier, le président de la SPLA, Christophe Ramond, a précisé ​que « les Portes du Tarn est un parc à vocation industrielle et le projet d’Acti-Prime s’inscrit pleinement dans cette orientation »​. De son côté, la SPLA​ a assuré que « le classement ICPE n’a pas vocation à qualifier une activité de dangereuse, mais à encadrer son fonctionnement afin de garantir que tout se fasse dans le respect de l’environnement, de la sécurité et du voisinage », ajoutant que l’implantation est envisagée à l’horizon 2028.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Vue aérienne des Portes du Tarn, prise en 2020. Crédit : StudiosH2G.

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Aux-Portes-du-Tarn-l-implantation-d-un-centre-de-distribution,50178