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Tarn. Scopelec repris par Circet, 1250 salariés sur le carreau

Le tribunal de commerce de Lyon a choisi l’offre de Circet, qui appartient à un fonds d’investissement britannique, au détriment de Newscope, un autre projet porté par une partie des salariés de Scopelec.

La claque. Alors que Scopelec devait célébrer, en janvier 2023, son cinquantième anniversaire, la plus grande société coopérative et participative française (Scop), dont le siège social est à Sorèze dans le Tarn, tombe dans le giron de Circet. La décision a été annoncée mercredi 28 décembre par le tribunal de commerce de Lyon, instance appelée à statuer sur l’avenir de cette entreprise spécialisée dans le déploiement de réseaux télécoms et placée en redressement judiciaire depuis le 27 septembre. 

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Selon le jugement, Circet, spécialiste français des infrastructures de télécommunications qui appartient au fonds d’investissement britannique Intermediate Capital Group (ICG), s’engage à reprendre 1049 salariés sur les 2300 et sa principale filiale, Setelen. Toutes les activités de Scopelec sont reprises à l’exception de la zone Aquitaine, du sud-est de la France, de La Réunion-Mayotte, de la branche business « usages et services » et de la zone sud-est pour ses filiales Gobé et Scopelec Energie Services.

« C’est donc la mort du plus grand et ancien groupe coopératif français »

Ainsi, le tribunal de commerce de Lyon a écarté l’offre Newscope, montée à la hâte par Carlos Verkaeren, nommé président du directoire de Scopelec le 1er septembre. Ce dernier s’engageait, avec le soutien de 70% des salariés, à verser un total de 1 million d’euros au capital de la nouvelle entité et promettait de reprendre 1457 salariés. « C’est donc la mort du plus grand et ancien groupe coopératif français », a réagi Christophe Ramond, président socialiste du Conseil départemental du Tarn. « C’est un gâchis qui aurait pu être évité avec du volontarisme. »

Carole Delga, la présidente socialiste de la Région Occitanie, ne mâche pas non plus ses mots : « Malgré mes demandes répétées, je regrette que l’État, actionnaire d’Orange, n’ait pas choisi de mettre toute sa force au service de Newscope. » Car, l’existence de Scopelec était liée à celle de l’opérateur français. La coopérative s’est développée grâce au déploiement du réseau de cuivre de l’ex-France Télécom, puis à la conversion à l’ADSL et au passage à la fibre optique. Mais à la suite d’un appel d’offres, Scopelec avait perdu, fin 2021, plusieurs contrats auprès d’Orange, voyant disparaître 40 % de son chiffre d’affaires.

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Si, dans un premier temps, l’opérateur avait soutenu l’offre Newscope, il avait ensuite changé de position : trois jours avant l’audience, début décembre, Orange adressait une lettre à Scopelec lui signifiant qu’il soutenait l’offre de Circet. « Le tribunal avait la pression directe ou indirecte. Cela a troublé son analyse et il a formulé un jugement fondé sur une paresse intellectuelle », critique Cyrille Rocher, le directeur de l’Union régionale des Scop Occitanie. « Je suis partagé entre les rires à la suite de cette mascarade ou les pleurs, sachant que des gens vont se retrouver sur le carreau. Circet ne va pas faire dans la dentelle. »
Audrey Sommazi

Sur les photos (archives), des salariés et sociétaires de Scopelec, déjà dans la tourmente, manifestaient devant le site de Saint-Orens, près de Toulouse le 3 février 2022.
Photos Rémy Gabalda-crédits ToulEco

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Tarn-Scopelec-repris-par-Circet-1250-salaries-sur-le-carreau,36428