Cactile met des barrières au changement climatique grâce à la gestion de l’eau

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L’entreprise albigeoise Cactile a installé sa première clôture-réservoir d’eau à Castres. Une idée inspirée des cactus pour mieux contrôler l’eau des pluies et lutter contre les risques de sécheresses et d’inondations, liés au changement climatique.

Opuntia. C’est le nom du modèle de clôture récupératrice d’eau développé par la jeune pousse albigeoise Cactile, et installé pour la première fois chez une entreprise castraise. Fondée en 2021 par Jean-Baptiste Landes, l’entreprise propose plusieurs solutions innovantes pour stocker l’eau de pluie et lutter contre les problématiques liées au dérèglement climatique. Initialement, l’entrepreneur avait imaginé le projet en adaptant des toitures, « mais on avait envisagé dès le départ de faire aussi les façades et les clôtures de jardins, pour pouvoir transformer ces espaces mono-fonctionnels en espace de stockage ».

Aujourd’hui, les trois idées sont encore d’actualité, mais ce sont les clôtures qui sont les plus avancées. Le projet de toiture est encore en phase de recherche et développement. Et, côté façade, une première a été installée à Castres en 2025 et fait encore l’objet d’un suivi technique. « On a récupéré près de 10.000 litres d’eau depuis la mise en service », confie le chef d’entreprise.

« Avant cette entreprise, j’ai travaillé longtemps au sein d’EDF, dans la production hydroélectrique », se remémore Jean-Baptiste Landes. C’est en développant des solutions pour lutter contre la sécheresse chez le géant de l’énergie français que l’entrepreneur s’est questionné sur les solutions envisageables. « On a de moins en moins d’eau, mais on en consomme de plus en plus », résume le quarantenaire. Pour lui, c’est dans les villes que le bât blesse. « C’est là où 80 % de la population vit, donc c’est là-bas qu’il faut faire des économies d’eau. »

« Le changement climatique, il n’attend pas »

« J’ai donc réfléchi à une solution pour adapter la ville, sans tout détruire. » La réponse à cette problématique s’est dessinée dans son esprit de façon quelque peu originale : « transformer les bâtiments en cactus ». L’entrepreneur veut copier la capacité du végétal à « capter un maximum d’eau, et en garder le maximum pour pouvoir tenir le plus longtemps possible ». Pour cela, il a développé un procédé, constitué de « mini-réservoirs modulables qui peuvent s’installer dans différentes configurations ». Le tout est géré de façon « gravitaire » [1], sans pompe et avec des matériaux écoresponsables. L’eau gardée, « plus de 80 litres par mètre de clôture », va ensuite être redirigée vers les sols ayant des besoins en irrigation.

Plus qu’améliorer la gestion de l’eau en ville, l’innovation est également pensée pour protéger en cas de risque d’inondations. « On a développé un petit boîtier électronique qui va permettre de piloter ses réserves d’eau en fonction de la météo. » Lors d’orages ou de fortes pluies, la clôture se vidange et rejette les eaux dans l’égout au préalable, pour ensuite pouvoir stocker les nouvelles averses. Un système qui, à grande échelle, pourrait permettre de mieux réguler les pluies violentes et d’éviter les inondations.

Sur du long terme, Jean-Baptiste Landes, et les quatre personnes avec qui il travaille, voient grand : « On veut réussir à se déployer sur un maximum de ville en France et le plus rapidement possible, parce que le changement climatique, il n’attend pas. » En parallèle, l’entreprise continue de se développer localement : « Cette année, on a des contrats avec des particuliers, des bailleurs sociaux et des promoteurs immobiliers », détaille le dirigeant. L’équipe travaille aussi sur de nouvelles formes de stockage, comme des clôtures plus petites et moins onéreuses, plus adaptées aux particuliers. Mais aussi sur des projets hybrides, encore en phase d’essais techniques : « On a entamé une collaboration avec Actis Isolation pour proposer une façade stockante et isolante pour consommer moins d’énergie et moins d’eau. »
Théo Gassier

Sur les photos : La premiere clôture Opuntia installée chez une entreprise castraise. Jean-Baptiste Landes devant un de ses réservoirs plats qui se fixent aux façades. Crédit : Jean-Baptiste Landes et Marie-Dominique Lacour.

Notes

[1Phénomène par lequel deux corps pesants quelconques s’attirent mutuellement

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Cactile-met-des-barrieres-au-changement-climatique-grace-a-la,52003