Une nouveauté dans le Tarn pour un meilleur accompagnement des personnes atteintes de cancer

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Après trois ans d’expérimentation, l’infirmière libérale Marie Perez lance son projet dans le sud du Tarn pour accompagner les patients atteints de cancer dans leur parcours de soins. De l’idée jusqu’à la phase d’expérimentation lancée le 11 juin, l’infirmière est passée par de nombreuses étapes.

Face à la frustration liée au manque de temps dans sa profession, Marie Perez, infirmière libérale, a développé un projet pour les patients atteints de cancer. L’objectif est simple : mieux les accompagner après le diagnostic à l’hôpital car, souvent, ils se retrouvent perdus en rentrant à la maison, avant leur parcours de traitement de la maladie. Ce sentiment de désorientation vient de l’effet de sidération. « D’un coup, on lui annonce qu’il a un cancer, qu’il va faire de la chimio... Tout lui tombe dessus », résume l’infirmière. Pour tenter d’accompagner le patient, Marie Perez propose une intervention infirmière à domicile, une fois que le patient a digéré la nouvelle. « On évalue sa compréhension du parcours de soins, on réalise un bilan clinique infirmier et on identifie les besoins en soins de support [1]. »

Et dans le cadre de son travail, Marie Perez ne pouvait pas mettre en place toute cette démarche d’accompagnement à domicile. « Ce n’est pas prévu dans la nomenclature d’infirmière libérale », explique Marie Perez. Pour pouvoir commencer à développer son idée, la Tarnaise a participé à un appel à projets de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS), organisé chaque année par la structure pour faire émerger des projets au service des patients en Occitanie.

« J’ai posé ma candidature, j’ai monté mon dossier et j’ai été lauréate du concours », résume-t-elle simplement. Pendant deux ans, l’URPS a financé le projet, ce qui a permis à Marie Perez de le développer plus concrètement. « Dans un premier temps, il a fallu l’affiner, faire des formations et, surtout, créer un maillage avec l’hôpital de Castres et la clinique du Sidobre. » Pour que cette consultation infirmière soit efficace, il était nécessaire d’impliquer les établissements médicaux alentour. « Petit à petit, j’ai pu mettre en place des consultations avec leur concours. »

« Ils m’ont dit qu’ils adoraient et qu’il ne fallait pas que ça s’arrête »

Le problème : cette phase de développement de l’idée de départ durait deux ans, après quoi l’URPS ne pouvait plus financer le projet. « Ma tutrice de l’URPS infirmiers m’a proposé de participer à un forum de l’Institut du cancer de Montpellier. Dans la salle, il y avait l’Agence régionale de santé (ARS), qui était présente », raconte l’infirmière. « Ils m’ont abordé à la fin de mon intervention et m’ont dit qu’ils adoraient, et qu’il ne fallait pas que ça s’arrête. »

Grâce à l’ARS, elle a pu lancer une deuxième phase du projet avec l’étape d’expérimentation. « Nous avons formé un groupe de travail avec l’ARS, l’URPS et Onco-Occitanie », explique Marie Perez. « Et ils m’ont proposé de recruter treize infirmiers sur le territoire de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) sud Tarn. » Pour compléter la recherche, elle a demandé de mener l’expérience sur une deuxième CPTS : « Je ne voulais pas qu’on puisse m’opposer le fait que ça marche parce que j’ai établi une relation de confiance avec les hôpitaux du coin. » La CPTS Quercy-Garonne, dans le Tarn-et-Garonne, va donc elle aussi participer.

Dans le sud du Tarn, l’équipe d’infirmiers libéraux recrutés a commencé le 11 juin 2026. Avec Marie Perez comme coordinatrice, ils ont jusqu’à fin 2027 pour expérimenter en condition réelle. « L’avenir, c’est ce qui est incertain dans ce genre d’expérimentation. » Après la fin de ce programme, la nouvelle coordinatrice espère pouvoir trouver un financement et peut-être même faire rentrer le programme dans la nomenclature d’infirmière libérale. « On a jusqu’à fin 2027 pour prouver l’efficacité, et publier tous les résultats de l’étude, pour convaincre les instances qui financent. »
Théo Gassier

Sur la photo : Marie Perez en train de présenter son projet de consultation infirmière à domicile pour accompagner les personnes atteintes de cancer. Crédit : Marie Perez.

Notes

[1Les soins oncologiques de support permettent aux patients de mieux vivre leur parcours de soins. Neuf sont recencés par l’Institut national du cancer, dont l’accompagnement psychologique, l’alimentation ou encore l’accompagnement pour les addictions

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Une-nouveaute-dans-le-Tarn-pour-un-meilleur-accompagnement-des,52295