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Xavier Lorca, Mines d’Albi : « Développer de nouvelles manières de travailler entre chercheurs et industriels »

Docteur en informatique, spécialiste des outils d’aide à la décision issus de l’intelligence artificielle, Xavier Lorca est depuis 2018 à la tête du laboratoire de génie industriel de l’école des Mines d’Albi. Il fait cohabiter recherche fondamentale et appliquée grâce au développement de laboratoires communs avec des entreprises. Interview.

Qu’est-ce qu’un laboratoire commun de recherche ?
Au sein du centre génie industriel de l’école des Mines d’Albi (IMT Mines Albi), les laboratoires communs sont des collaborations contractuelles de cinq ou six ans avec des acteurs privés et publics autour de programmes de recherche. Ils ont pour vocation d’élargir les champs de recherche des acteurs socio-économiques et de favoriser le transfert de technologie. Il en existe aujourd’hui sept, basés sur des activités à la frontière entre génie industriel et intelligence artificielle, dans les domaines de l’eau, de la santé et du transport.

Vous avez organisé, le 29 juin dernier, une journée de réflexion autour des travaux du laboratoire commun de recherche Reseau [1], créé avec Veolia. Quel est l’objet de ce programme de recherche ?
Nous travaillons sur le pilotage intelligent des réseaux d’eau, un enjeu crucial dans un contexte de changement climatique. Nos recherches s’organisent autour de trois volets : la planification des opérations de maintenance, la maintenance prédictive et la gestion des situations de crise. Notre objectif est de trouver des solutions innovantes d’aide à la décision, basées sur des technologies d’intelligence artificielle, pour limiter les impacts des aléas sur les réseaux et accélérer la transition écologique.

Le laboratoire commun a été lancé en 2020, pour cinq ans. À mi-parcours, quel bilan dressez-vous de ce partenariat ?
C’est un bilan très positif. Nous travaillons en confiance avec les équipes de Veolia, avec lesquelles nous avons développé une modalité partenariale originale de fonctionnement dans le monde de la recherche. Nous nous appuyons sur leurs données pour avancer vite et avons déjà produit des premiers résultats significatifs en matière de planification et d’anticipation des opérations des services d’eau, pour une gestion plus efficace. Les outils d’aide à la décision que nous avons développés sont d’ailleurs transférable à d’autres types de réseaux - électricité, gaz ou numérique par exemple. C’est ce que nous avons montré lors de cette journée de réflexion et d’échanges.

Quelles sont les spécificités du centre génie industriel ?
Le centre est très orienté vers la recherche appliquée. Notre mission est double. D’une part, nous accompagnons les acteurs du monde socio-économique et répondons à leurs besoins en rapport avec nos technologies et thématiques de recherche, l’objectif étant de proposer des prototypes industrialisables. D’autre part, il s’agit de construire un modèle qui nous permette des activités de recherche amont, hors application industrielle, sans pilotage, sans maîtrise des partenaires, ni assurance de parvenir à des solutions. C’est ce qui fait de nous des chercheurs et nous distingue de l’activité de R&D de l’industrie.

Quelles sont vos perspectives ?
Nous avons connu, depuis 2018, une très forte croissance. Les effectifs sont passés de trente personnes à plus de soixante, dont quatorze enseignants chercheurs. Hors masse salariale, notre budget s’élève à deux millions d’euros, directement issus des partenariats, grands groupes comme start-up. Nous sommes dans une phase de stabilisation. Le temps de la recherche n’est pas celui de l’industrie. Nous cherchons des partenariats de long terme où l’entreprise a conscience de financer une connaissance qu’il souhaite acquérir, à plus ou moins long terme. Les laboratoires communs nous permettent de repenser un temps long de la recherche, c’est notre vraie valeur ajoutée et nous sommes ainsi dans notre rôle.
Propos recueillis par Valérie Ravinet

Sur la photo : Xavier Lorca, directeur du Centre génie industriel d’IMT Mines Albi, et Matthieu Lauras, directeur adjoint. Crédit : IMT Mines Albi.

Notes

[1Résilience et efficience et des systèmes de production et distribution d’eau

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Xavier-Lorca-Mines-d-Albi-Developper-de-nouvelles-manieres-de,34871