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Projet A69 : le concessionnaire de la future autoroute annonce le tarif

À l’issue du comité de pilotage du projet A69 entre Castres et Toulouse, qui s’est tenu en début de semaine, le concessionnaire Atosca a précisé tarifs et calendrier. Présenté comme « l’autoroute des mobilités durables », cette future liaison suscite toujours l’opposition de riverains et d’agriculteurs.

Le comité de pilotage du projet A69, entre Castres et Toulouse, a réuni ce lundi 20 juin à la préfecture de région tous les financeurs de la future autoroute. « C’est une étape importante qui marque l’entrée dans la phase de réalisation (…). Il s’agit d’un projet très structurant qui va favoriser le développement du sud du Tarn et répondre aux besoins de l’économie locale », a indiqué le préfet Étienne Guyot, en se réjouissant de son « bon état d’avancement ». À sa suite, lors d’un point presse en marge du Copil, le préfet du Tarn et les représentants des différentes collectivités, la Région Occitanie, les Départements du Tarn et de la Haute-Garonne, la communauté d’agglomération Castres-Mazamet et la communauté de communes Sor-et-Agout ont rivalisé de formules pour défendre ce « projet de désenclavement vital pour le Tarn ».

Un chantier pour lequel l’industriel Pierre Fabre milite depuis plus de vingt ans, au coût de 450 millions d’euros hors taxes. Il sera financé à hauteur de 33 % par les fonds propres du concessionnaire Atosca, de 61 % par emprunt bancaire et de 6 %, soit 23 millions d’euros, par des subventions publiques. L’A69 doit permettre, dès sa mise en service programmée à l’été 2025, de gagner jusqu’à 35 minutes de trajet entre Toulouse et Castres, selon la société chargée par l’État de construire et gérer cette autoroute à 2x2 voies de 53 km.

Réduction pour les véhicules électriques

Le tarif, a annoncé ce lundi Atosca, sera de 6,77 euros pour un véhicule léger pour rallier Castres à Verfeil. Une somme à laquelle il faudra ajouter 1,60 euro supplémentaire pour le péage de l’A68 entre Verfeil et Toulouse, soit 8,37 euros au total. Des réductions importantes de 30 à 70 % seront proposées aux usagers fréquents dans le cadre d’abonnements. Présentée comme « l’autoroute des mobilités durables » par Atosca, le futur axe réservera également une « tarification incitative », avec 20 % de réduction accordés aux véhicules électriques qui disposeront de seize points de recharge sur le parcours. « Une première en France », selon le concessionnaire. Lors de ce comité de pilotage, Atosca a aussi fait la promotion de ses péages « en flux libre » qui évitent la création de gares de péage.

« Des portiques permettront l’identification des véhicules, sans réduire leur vitesse, par des badges ou par la lecture des plaques d’immatriculation. Ce système nous a permis de réduire les besoins en foncier », a expliqué Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca. Le projet initial, tel que détaillé dans la déclaration d’utilité publique, prévoyait une emprise de 380 hectares. « Nous l’avons réduite à 300 hectares, en économisant 60 hectares de terres agricoles, et environ 20 hectares de terres environnementales sensibles ont été épargnées. » Le concessionnaire, qui a chiffré à une centaine le nombre d’agriculteurs impactés par le tracé, a en outre annoncé la mise en place d’un fonds d’indemnisation agricole de 2 millions d’euros en plus des négociations de gré à gré.

« Un projet inutile »

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Pour les opposants du collectif La voie est libre, ces annonces justifient plus que jamais leur combat contre ce projet, selon eux « emblématique d’un modèle de développement destructeur et dépassé ». Ils jugent cette autoroute, qui selon les prévisions d’Atosca sera empruntée chaque jour par 8400 véhicules et 800 poids lourds, « inutile, chère, élitiste puisque réservée à quelques milliers d’usagers et particulièrement nuisible pour l’environnement, avec l’artificialisation de plusieurs centaines d’hectares de terres agricoles ». Des arguments que le collectif a détaillés dans une lettre ouverte envoyée le 17 mai à la Première ministre Elisabeth Borne. Il y défend la proposition alternative d’un aménagement sécurisé de la route existante, la RN 126, pour une liaison Castres-A68 en 43 minutes. Lors du Copil, il n’en a évidemment pas été question.

« Ce projet a passé toutes les étapes, le débat public et l’enquête publique. D’autres, plus ciblées sur le volet environnemental, vont suivre mais administrativement rien ne s’oppose à la mise en œuvre de ce projet. Il est temps que nous arrivions au bout après vingt-cinq ans », a déclaré Vincent Garel, président de la commission transport à la Région Occitanie. Côté calendrier, la prochaine étape, en septembre, est en effet l’enquête publique sur le dossier d’autorisation environnementale. Il est actuellement en cours d’étude. Suivront les acquisitions foncières et les sondages de diagnostic archéologique par l’Inrap, en vue d’un démarrage des travaux début 2023.
Johanna Decorse

Sur les photos : Les travaux de la future autoroute A69 entre Castres et Toulouse devraient démarrer début 2023. Crédit photo Atosca.

Ce projet autoroutier suscite l’opposition de riverains rassemblés au sein du collectif La Voie est libre. Photo La Voie est libre.

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Projet-A69-le-concessionnaire-de-la-future-autoroute-annonce-le,34669