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Dans le Tarn, un artisan assemble et vend des minipelles

Depuis 2022, l’artisan et entrepreneur tarnais Davy Pefaure-Roc assemble et vend des minipelles dans son atelier de Jonquières. Il nous raconte pourquoi il s’est lancé cette nouvelle activité peu commune.

On finit toujours par revenir à nos enthousiasmes d’enfance. Gamin, Davy Pefaure-Roc était passionné par les jeux de construction. Aujourd’hui, il fabrique des minipelles mécaniques dans un petit atelier installé dans sa maison de Jonquières, dans le Tarn. En 2019, c’est le coup de foudre pour la minipelle récemment achetée qui le pousse à se lancer dans ce nouveau chantier professionnel.

Conducteur de travaux de formation, il crée alors une nouvelle marque Minipelle 81 pour son Atelier 74, société dédiée à la serrurerie et à la métallerie fondée quelques années plus tôt. Il se rapproche de HHO, entreprise de Charente-Maritime, seule usine qui noue des partenariats à travers la France, à la fois pour l’assemblage et pour la vente de ses minipelles mécaniques. [1]

Une minipelle « fabriquée en France »

Il signe avec eux afin de devenir leur assembleur et vendeur exclusif dans le Tarn. « Certains reçoivent des kits déjà en partie montés. Moi j’ai pris le parti de faire l’assemblage en entier dans mon atelier. Il faut dire qu’avec mon activité de serrurerie-métallerie, j’avais 90 % du matériel nécessaire, comme les éléments pour la soudure », raconte l’artisan tarnais. La crise sanitaire décale le démarrage de cette nouvelle activité à 2022 mais, en quelque mois, le carnet de commandes se remplit déjà bien et l’entrepreneur s’est construit un réseau de distributeurs dans le Tarn et quelques départements limitrophes. Il travaille aussi avec des sous-traitants, pour la peinture par exemple. L’assemblage de la minipelle Phenix 400 [2] prend en moyenne un mois et demi et son prix de vente est d’environ 8000 euros. « Elle est garantie deux ans et fabriquéeavec de matériaux français . Seule quelques petites piéces sont importées », vante l’entrepreneur occitan.

Mais qui achète un tel engin ? « Mes clients sont presque tous des particuliers. Nous traversons une crise économique. Beaucoup veulent réaliser leurs travaux eux-mêmes. La minipelle peut servir au terassement, à l’entretien des haies, des clotures. 40 % vont finir par la revendre. Les autres vont la conserver pour maintenir l’état de leur propriété. Cela peut aussi interesser des arboriculteurs, des vignerons », détaille Davy Pefaure-Roc.

Le Tarnais parle avec émotion de la « dimension humaine » de son activité. « Les clients, je leur envoie des photos de chaque étape de fabrication de leur pelle. Ils me connaissent et viennent tous me rencontrer dans mon atelier. J’apprécie énormément cet échange. J’aime aussi beaucoup la démarche de construction. Sur Terre, nous ne sommes que de passage. En construisant avec nos mains, il va rester quelque chose de concret. Les minipelles vont être transmises et peuvent perdurer après nous », analyse l’artisan philosophe. Il rigole presque en évoquant sa dernière idée : faire une minipelle aux couleurs du jeu de construction Meccano [3] « Mon peintre dit que je suis un peu fou, mais moi ça me plaît », confie avec un sourire dans la voix l’entrepteneur, qui entretient décidément de bonnes relations avec son enfant intérieur.
Matthias Hardoy

Sur la photo : La minipelle Phenix 400 assemblée et vendue dans le Tarn par Davy Pefaure-Roc. Crédit : Minipelle 81.

Notes

[1Ils sont une dizaine en France, comme Davy Pefaure-Roc, à assembler et vendre les pelles mécaniques de HHO. L’entreprise a aussi noué des partenariat au Canada et dans des pays de l’est de l’Europe. À l’origine HHO était spécialiste des moteurs hydrogène.

[2Le seul modèle assemblé et vendu par Minipelle 81 pour le moment.

[3Meccano est un jeu anglais de construction à base d’éléments à l’origine entièrement métalliques.

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Source : https://www.touleco-tarn.fr/Dans-le-Tarn-un-artisan-assemble-et-vend-des-minipelles,36651