Lundi 9 mars 2026, la juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rejeté les trois demandes de la SARL Zoo-Parc des Félins des Trois Vallées, qui espérait la suspension des arrêtés préfectoraux ordonnant la fermeture du parc et le placement de ses animaux. Une décision qui engage concrètement l’avenir des 250 bêtes toujours détenues sur le site, situé à Montredon-Labessonnié, dans le nord du Sidobre.
Le feuilleton judiciaire dure depuis des années : fermeture en octobre 2020, réouverture en mai 2021 et nouvelle fermeture en juillet 2022. Il ne rouvrira plus ses portes. Pourtant, le zoo inauguré en 2013 s’est d’abord avéré un véritable atout touristique pour le Tarn et le restera pendant près d’une décennie. Mais les alertes se sont multipliées au fil des années. Les conditions de détention contestées dans des installations vieillissantes. Et, surtout, le parc fait face à des évasions répétées. Lynx, antilope, serpent, singe, lion... En 2021, une meute de loups parvient à quitter son enclos ; quatre bêtes seront abattues.
Des événements qui conduisent à la fermeture du zoo au public sans régler le problème : des centaines d’animaux continuent d’y vivre, sans vétérinaire attitré et avec très peu de personnel pour un domaine de cette envergure.
« Une tigresse et deux loups sont morts »
En septembre 2025, à la suite de nouveaux incidents, le préfet du Tarn prend trois arrêtés : fermeture administrative immédiate du site et mise en demeure de placer en urgence une partie des animaux sous quinze jours, le reste dans un délai de deux mois. Les constats de l’expert sont en effet sans appel : « alimentation défectueuse » et « absence de vétérinaire donc de soins » ont entraîné un « état physique et mental des animaux dégradé ». Vingt-quatre animaux sont placés le 25 novembre 2025, « choisis en raison du péril de leur état ». Pour certains, ce fut l’épreuve de trop : une tigresse et deux loups n’ont pas survécu au transfert.
Avant la décision du 9 mars 2026, le gérant a informé le préfet avoir placé deux autruches, un perroquet, un lémurien et une panthère. L’État indique qu’il va organiser de nouvelles mesures de placement. Le tribunal souligne quant à lui que, depuis septembre, « des animaux sont morts (...) dans d’atroces souffrances en raison de l’absence de soins vétérinaires ».
Pas encore de jugement sur le fond
Pour les magistrats, « il y avait urgence à prendre une mesure de fermeture » compte tenu du risque d’évasion et des « défaillances majeures et systémiques conduisant à des conditions de vie dégradées des animaux ». Le jugement fait également état d’intrusions, comme l’atteste un rapport de visite daté du 15 janvier 2026 : « Ces désordres ont d’ailleurs permis à un particulier d’entrer sur le site et de réaliser une vidéo de quarante-huit minutes diffusée sur internet », déplore le tribunal.
Face à la justice administrative, la société exploitante du zoo a tenté de contester la fermeture. Sans succès. Dans ses trois ordonnances, la juge des référés estime que les arguments avancés par la société ne font pas naître de doute sérieux sur la légalité des décisions préfectorales. Au nom de l’intérêt des animaux et de la sécurité publique, elle juge que l’État est fondé à intervenir pour organiser le placement des bêtes. Le tribunal a précisé à l’audience être prêt à procéder d’office à ces placements si nécessaire. La société exploitante et le propriétaire du parc n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Reste une étape. « Le tribunal administratif, qui s’est prononcé à titre provisoire dans le cadre de ces procédures d’urgence, reste saisi des dossiers et jugera dans les prochains mois la légalité de ces trois arrêtés préfectoraux », précise le communiqué. Ainsi, le jugement sur le fond est attendu dans les prochains mois. En attendant, la fermeture du zoo et les obligations de placement des animaux s’appliquent pleinement. Pour les 250 pensionnaires du parc tarnais, le compte à rebours est lancé.
Marie-Dominique Lacour
Sur la photo : Fermé depuis trois ans, le zoo parc des 3 vallées accueille encore près de 250 animaux. Ici, une panthère nébuleuse. Crédit : Mathieu MD - CC-BY-SA 3.0.

