La spiruline de Cocagne, une algue dans le Lauragais
18 octobre 2011 17h41
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Des algues dans la plaine du Lauragais à 375 mètres d’altitude, cela a de quoi surprendre. Et pourtant c’est bien au lieu-dit En Roujou, aux portes de la Montagne Noire, que s’épanouit la micro-algue bleue venue du Pérou. La spiruline de Cocagne y est élevée, traitée par Aurélien Cathala depuis deux ans. Cet aliment ancestral au fort potentiel nutritionnel et thérapeutique est vendue fraîche, sur place, ou séchées en petits sachets de 100 grammes, sur internet et sur les gros marchés de Toulouse et Revel.

Ingénieur en environnement à Cuq-Toulzat dans le bureau d’études de géotéchnique Sols et Eaux, Aurélien Cathala s’est pris de vocation pour la spiruline de Cocagne, un micro-organisme de la famille des cyanobactéries consommé notamment par les Aztèques. Une culture saisonnière (de mai à octobre) très économe en énergie, qui lui correspond en tout.

« J’avais la volonté de travailler à mon compte en agriculture, tout en restant dans mon domaine qu’est l’eau », justifie le spirulinier. De 25 kg de frais ramassé, il tire quatre à cinq kg de matière sèche. Une pâte qui est ensuite pressée, extrudée afin d’être transformée en minuscule spaghettis, puis séchée immédiatement pendant cinq heures en moyenne à 35°.

Un concentré de vitamines et protéines

Fasciné par la croissance phénoménale de ses micro-algues, il s’émerveille : « Elles peuvent doubler leur population en quatre jours. Et n’ont que des propriétés naturelles avec leurs huit acides aminés, toutes les vitamines hormis la C, sont riches en fer et leur fameux pigment, la phycocyanine est un puissant anti-oxydant. C’est aussi un stimulant de globules blancs et rouges ».

Partant du constat que les producteurs français représentaient seulement 10 à 15% du marché national et que tout le reste provenait de fermes industrielles du Pérou, d’Hawaï et maintenant de Chine, Aurélien Cathala s’est lancé dans l’aventure d’un marché de niche en pleine croissance. Il a investi 30.000 euros, construit quatre bassins de 27 mètres de long, profonds d’une vingtaine de centimètres, abrités sous de gigantesques serres en plastique translucide et fait venir des souches d’Amérique du Sud. En recréant le milieu (à l’origine équatorial), avec de l’eau pure de la Montagne Noire au PH basique, animée par des roues à aube, de la chaleur naturelle entre 15 et 35° juste maintenue par les serres et alimentée en engrais, il a produit 260 kg en 2010 et compte atteindre les 300 kg en 2011. Faisant ainsi progresser son chiffre d’affaires à environ 36.000 euros. Et ce malgré une saison - qui s’achève cette semaine - plus compliquée, liée aux affres d’une météo variable
Anne-Marie Bourguignon


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