La filiale de Madrange basée à Albi ne devrait conserver que cinq salariés sur cinquante-six. Depuis décembre les salariés sont mobilisés pour tenter de suspendre un plan social terrible décidé par Monique Piffaut qui a racheté Madrange l’été dernier. Manifestations, interpellation des élus et aujourd’hui action en justice, pour l’heure rien n’y a fait.
François Bayrou est reparti avec sous un bras un jambon, sous un autre le dossier de démantèlement de la Maison du Jambon à Albi. Venu dans le Tarn, ce lundi 6 février, avant la visite de Nicolas Sarkozy le lendemain à Lavaur, le Béarnais a accordé quelques minutes aux salariés de l’entreprise qui font face à un plan social terrible.
Suite à la reprise de Madrange par la Société financière Turenne Lafayette (SFTL) de Monique Piffaut l’été dernier, cette filiale albigeoise doit en effet perdre l’essentiel de ses salariés : 51 emplois de supprimés sur 56… Après le coup de massue de l’annonce en décembre dernier, « depuis c’est un pas en avant, et un pas en arrière de la part de la direction » souligne Isabelle Cheynier, secrétaire du SGA-CFDT qui défend les salariés.
Ceux-ci réclament en effet, via le cabinet d’expertise Syndex, des éléments prouvant la réalité de la nécessité économique d’un tel plan. De suspensions de séances du comité d’entreprise en reports sine die de celui-ci à plusieurs reprises, de rencontres de travail officieuses proposées par la direction à Limoges alors qu’est prévu le même jour une convocation du comité d’entreprise à Albi, le syndicat dénonce « des allers retours incessants (…) Ce qui est vrai un jour ne l’est plus forcément le lendemain ».
Et Isabelle Cheynier d’insister : « La position des salariés, elle, est claire : se battre pour sauvegarder l’emploi. L’objectif dans les négociations à venir est d’obtenir un plan de reclassement qui permette à chacun de pouvoir rebondir après, de pouvoir se projeter ailleurs et autrement, de trouver un autre boulot ».
Manifestations, sensibilisation du public et des politiques, question au gouvernement à l’Assemblée nationale par le député Philippe Folliot (DVD), pour l’heure rien n’y a fait. Face à cette volonté affichée de la direction de ne pas fournir d’éléments justifiant de la nécessité de ces réductions d’emploi et de la difficulté du dialogue, avant d’interpeller François Bayrou et le président de la République sur leur situation, les salariés, le comité d’entreprise a assigné en référé La Maison du Jambon en tant qu’employeur devant le TGI d’Albi pour tenter de l’obliger à suspendre son plan tant que le cabinet Syndex ne disposera pas de tous les documents demandés. Décision d’ici huit à quinze jours. Une étape de plus pour tenter de se retourner, mais qui ne devrait pas changer sur le fond de l’affaire. Monique Piffaut a décidé de ne garder que cinq salariés dans l’entreprise, on voit mal ce qui pourra l’en en empêcher. Avant la prochaine étape…
H.C.
Un milliard d’euros de chiffre d’affaires
La Maison du Jambon est tombée dans l’escarcelle de Monique Piffaut suite au rachat de Madrange en 2011. La SFTL avait déjà reprise les salaisons du Terradou à Albi-Jarlard en 2006 et Delpeyrat Montagne Noire en 2010. Le groupe comprenant également William Saurin ou Paul Prédault devrait dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2012.