A quelques encablures de Castres, la décharge de Pioch de Gaïx va traiter ses effluents avec des filtres en roseaux. Une première en France qui permet également de diminuer le coût de fonctionnement annuel par trois.
Depuis plus de trente ans ont été entassés ici ordures, gravas, boues de stations d’épuration et autres. Fermée depuis quatre ans, la décharge de Pioch de Gaïx, à quelques encablures de Castres, est actuellement en plein chantier de réhabilitation.
La majeure partie de ses 13 hectares de surface a été recouverte de films spéciaux anti odeurs puis d’argile, des drains pour recueillir le méthane ont été installés et le site est en train d’être équipé avec un système de filtres particulièrement innovant.
En effet, pour traiter les lixiviats, ces jus particulièrement polluants puisque riches en ammonium, les élus de la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet ont retenu une solution de traitement par l’intermédiaire de filtres plantés de roseaux. Un équipement déjà connu pour les stations d’épuration mais qui est le premier du genre à être développé sur une décharge.
Pendant plusieurs mois une simulation de traitement a été testée au Cemagref de Lyon, le laboratoire leader dans ce domaine, avant de valider le procédé. Une réalisation qui servira d’ailleurs d’expérimentation nationale en liaison avec l’Ademe dans le but de la dupliquer ailleurs, une autre décharge, dans le département de l’Ain étant en cours d’équipement.
Mais, si les élus ont choisi d’innover en la matière c’est aussi par intérêt financier. En effet, après avoir investi 1,8 million d’euros sur la décharge, ils auront à supporter un coût de traitement annuel trois fois moindre qu’avec une solution de traitement classique : 100.000 euros contre 300.000 euros… Un argument de poids à l’heure ou tous les élus cherchent à réduire la facture des déchets. La solution tarnaise devrait logiquement faire rapidement des émules aux quatre coins de la France.
H.C.