Alors que le projet de théâtre des Cordeliers devrait être livré à l’horizon 2013, la Scène nationale d’Albi a organisé un débat sur le mécénat culturel pour sensibiliser les entreprises tarnaises au sujet.
La Scène nationale d’Albi développe depuis des années des relations avec les entreprises. Une structure qui connait un développement sans précédent, augmentant de 60 % sa fréquentation depuis 2007 pour atteindre aujourd’hui près de 60.000 spectateurs par saison. Sous la houlette de son directeur, Pascal Paris, elle vient de mettre en place une nouvelle politique de mécénat, afin de fédérer les entreprises de la région désireuses d’accompagner ses nouveaux projets et ses actions d’intérêt général.
Pour cela, la Scène nationale d’Albi a organisé le 13 janvier au théâtre un petit déjeuner-débat sur ce mécénat culturel avec, entre autres intervenants, Robert Fohr, chef de la mission mécénat au ministère de la Culture et de la Communication. L’occasion pour Pascal Paris de rappeler : « Une nation sans artistes est condamnée. Toutes les forces créatives ont besoin des entreprises, c’est ensemble que nous pourrons faire reculer l’horizon ». Un horizon symbolisé d’ailleurs par le projet de Théâtre des Cordeliers. Un chantier lancé en juin dernier qui doit aboutir à la livraison d’un véritable quartier culturel fin 2013. Dessiné par l’architecte Dominique Perrault, ce théâtre situé en plein cœur de la ville s’étendra sur 1.700m² au sol, accueillera deux salles de spectacle de 900 et 250 spectateurs et sera entouré d’un véritable quartier culturel comprenant huit salles de cinéma.
« Culture et économie sont très liés et il suffit pour s’en conaincre de constater que les zones les plus dynamiques sont celles qui font le choix d’investir dans la culture » souligne le maire d’Albi, Philippe Bonnecarrère. Et de pointer : « En s’appuyant sur notre socle patrimonial, nous pouvons avoir une image forte grâce au triptyque “savoir, recherche et culture”. Le projet des Cordeliers s’inscrit dans ce cadre. En terme de développement économique il s’agit d’un point d’entrée fort dans la ville avec, en plus, la capacité pour accueillir des congrès ».
Un engagement qui est loin d’être réservé aux plus grandes entreprises a rappelé Robert Fohr, soulignant qu’en l’espèce, avec des incitations fiscales parmi les plus importantes au monde, il s’agissait là d’un « impôt choisi ». Enfin, des multiples interventions, l’on retiendra celles de Michel Hibon, PDG du groupe Cahors, accompagné de Sébastien Bournac, artiste associé à la Scène nationale d’Albi, qu’il accompagne. Pour lui, comme pour Daniel Elache d’ailleurs, la motivation fiscale n’est pas la principale : « Il s’agit avant tout d’une rencontre entre un mécène et un artiste, une relation qui doit s’inscrire sur la durée, pas pour faire un coup ». Sébastien Bournac, résumant la rencontre entre ces monde de l’économie et de la culture : « On peut inventer un partage des sensibles dans le tressage des acivités humaines ».
H.C.