L’entreprise P.A.C (préfabrication d’articles en ciment), de Cambounet-sur-Sor fabrique un parpaing révolutionnaire, pour le secteur du Bâtiment. Fait à partir de copeaux de bois, issus de pins des Landes, ce bloc en béton composite bois-ciment, allégé, relié mécaniquement à un isolant extérieur a fait l’objet d’un dépôt de brevet à l’INPI, unique en France.
L’isolabloc, un moellon innovant en béton-bois, fabriqué dans le sud du Tarn par la P.A.C, part à l’assaut du marché de la construction pour les maisons passives, ou aux nouvelles normes BBC. Un concept remarquable, qui est venu à l’idée de Mario Aschero, directeur commercial de Granuland, vendeur de copeaux de bois dans les Landes. Le détenteur du brevet, a choisi la P.A.C tarnaise pour la maîtrise de ses savoir-faire, d’autant reconnus, que c’est l’entreprise qui l’a aidé à le mettre au point pendant deux ans.
Avec 80% de granulats de bois neutralisé et 2O% de liant hydraulique, ce nouveau matériau ne pèse plus que 13 kg contre les plus de vingt d’un bloc traditionnel. Sans compter avec son pouvoir de réguler naturellement la température en absorbant les écarts chaud-froid, la limitation des ondes, des allergies. Ses bases parfaitement rectifiées permettent, en outre, un montage à sec, sans joints, offrant un gain de temps et de manutention exceptionnel. Juste reliés par du béton coulé dans leurs deux alvéoles centrales, ces nouveaux blocs ont été classés B120 et donc résistent à un écrasement de 120 tonnes au mètre linéaire, une fois remplis.
« Très engagé dans le développement durable, depuis plusieurs années, nous cherchons à innover dans la fabrication de matériaux intégrant une isolation à base de fibres naturelles,comme nos blocs en pierre ponce 100% recyclables, à l’impact environnemental limité ou encore notre bloc en billes d’argile expansée, insensibles au feu, notamment. Nous les avons mis au point respectivement avec l’Ecole des Mines d’Albi pour le Proponce et avec le bureau d’études thermiques Neotim pour l’Argitherm », explique Jean-Louis Laroque, gérant de la société. La sarl Multibéton, réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros et emploie 56 personnes.
Ce sont les ingénieurs de l’INSA de Toulouse qui ont planché sur les caractéristiques thermiques de l’assemblage du petit dernier de la gamme innovation : l’isolabloc avec sa doublure en polystyrène dont le module est fourni par Knauf à Toulouse et découpé par une entreprise artisanale toulousaine, « Le pac découpe ».
« Nous sommes les premiers à le fabriquer en France et les plus avancés pour celle des autres blocs, en production industrielle. Nous sommes en mesure d’en produire plusieurs centaines de tonnes par semaine. Il s’agit désormais de faire connaître ce produit performant aux utilisateurs, aux donneurs d’ordre, aux architectes, aux maçons », souligne Marc Jauzon, directeur technique du site tarnais.
Un site de onze hectares équipé de trois lignes de production de blocs, de quatre machines pour les tuyaux et les regards en ciment. Un ciment fourni par Lafarge et de matériaux calcaires qui proviennent de la Montagne Noire, de Saint-Amancet et de Sorèze.
Créée en 1968 par Pierre Laroque et son épouse, les parents des actuels patrons (trois frères), l’entreprise familiale de fabrication d’articles en béton est passée du stade artisanal à la dimension industrielle, dans les années 1990. Elle a concentré ses efforts sur le renouvellement permanent de l’outil, l’automatisation, la modernisation. Avant la crise, de ses ateliers sortaient mille tonnes de produits finis par jour. Et si aujourd’hui, il n’en sort quotidiennement que 800 tonnes de blocs traditionnels, soit 55.000 blocs par jour,elle mise sur ce type d’innovation pour retrouver ce niveau d’activité.
Anne-Marie Bourguignon
Sur la photo : Nathalie Laroque, gestion du personnel, Marc Jauzon, directeur technique et Jean-Louis Laroque, gérant de la PAC.