ToulÉco Tarn

Publié le mardi 14 janvier 2020 à 17h51min par Emilie Gilmer

Stephan Mongrand : « L’IUT de Castres encourage l’entrepreneuriat local »

Avec 500 étudiants et plus d’une centaine d’alternants, l’IUT de Castres forme des techniciens qui répondent aux besoins locaux des PME. Tout en encourageant l’entrepreneuriat chez ses étudiants. Interview de Stephan Mongrand, responsable du site.

Stéphane Mongrand, vingt-sept ans après sa création, comment se porte l’IUT de Castres ?
L’Institut universitaire technologique se porte bien car nos formations sont particulièrement attractives. En témoigne le nombre de demandes par rapport aux places disponibles : nous avons, par exemple, 1500 candidats pour cinquante-six places en techniques de commercialisation, 1000 demandes pour quatre-vingtsix places en chimie. Notre particularité est que nous sommes rattachés à l’IUT Paul-Sabatier de Toulouse – l’un des plus gros de France avec 5500 étudiants – qui a pour politique de développer sur notre site des formations absentes du site toulousain. Résultat, nous n’avons pas de concurrence pour nos départements chimie, packaging et MMI. Quant à la filière « techniques de commercialisation », la demande est tellement forte que la concurrence n’a pas d’incidence.

Quel est le profil de vos étudiants ?
Ils viennent de toute la région Occitanie et des régions limitrophes, voire de toute la France pour certaines filières comme la chimie. Mais il y a aussi beaucoup de « locaux » (Castres, Mazamet, Lacaune, Brassac, etc.). En MMI – qui est une filière accessible dans tout l’hexagone – la proportion est de 40 % environ. Ce qui est intéressant c’est que 45 % de nos étudiants sont boursiers : cela signifie que venir chez nous est pour beaucoup l’opportunité de poursuivre des études dans une ville moyenne où le niveau de vie est plus accessible. Autrement dit, conserver un IUT dans une ville comme Castres est une façon de démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur. C’est aussi, réciproquement, une façon de répondre aux attentes de l’emploi local en formant des techniciens qualifiés dont les PME ont besoin. D’ailleurs, on a des taux d’insertion qui sont très bons. Deux ans et demi après la sortie, 80 % de nos étudiants ont un emploi fixe.

Justement, comment se fait la connexion avec le tissu économique local ?
Il y a d’une part les stages de dix semaines minimum en DUT, puis les projets tutorés conduits par nos alternants en licence professionnelle. Pour cela, nous travaillons beaucoup avec les PME et les start-up locales qui cherchent à développer, par exemple, un nouveau projet : un emballage à mettre au point, une question de logistique à étudier, etc. Le travail d’un étudiant est une valeur ajoutée, il apporte un regard extérieur, un nouvel élan pour rester compétitif. Nous sommes aussi très connectés aux autres acteurs de l’enseignement supérieur du bassin Castres-Mazamet : parmi nos entrants en licence professionnelle, un certain nombre d’entre eux sont d’ailleurs issus d’un BTS local. Plus globalement, nous nous investissons énormément dans la dynamique du territoire en matière d’innovation et d’entrepreneuriat.

De quelle manière contribuez- vous à cette dynamique ?
Nous avons la chance d’être soutenus localement par le Syndicat mixte pour l’enseignement supérieur du sud du Tarn, un interlocuteur unique qui réunit le Département et la communauté d’agglomération Castres-Mazamet, et qui permet de travailler efficacement. Depuis plusieurs années déjà, nous œuvrons ensemble à mettre en place un accompagnement solide auprès des étudiants qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise. L’idée est qu’ils trouvent localement un environnement favorable, des possibilités de travail pour eux et leur conjoint, des infrastructures de transports adaptées, et voient l’intérêt d’entreprendre dans un territoire comme le nôtre. Par exemple, en 2014, nous avons été la première ville moyenne en France à créer un FabLab grâce à une collaboration entre l’IUT, la technopole Castres-Mazamet et le Syndicat mixte ainsi que plusieurs entreprises locales qui nous ont rejoints.

Quels sont maintenant vos projets ?
Une restructuration des bâtiments d’un montant de 3,6 millions d’euros – financée par un contrat de plan État- Région – sera conduite en avril 2021 pour une livraison en septembre 2022. À l’origine, l’IUT a été construit pour trois départements et la filière « techniques de commercialisation » a été créée en 2010 sans disposer d’un bâtiment propre. L’idée est donc de réaménager les surfaces afin de les optimiser. L’autre sujet qui nous occupe est la réforme du DUT qui va allonger d’un an notre diplôme et le rebaptiser Bachelor universitaire de technologie (BUT). Ainsi, à l‘horizon 2021, nos licences se transformeront en troisième année de BUT. Il s’agit là d’une innovation très positive car, compte tenu de l’évolution rapide des métiers et de leur complexification, accompagner les étudiants jusqu’à un bac+3 permettra de renforcer nos diplômes et de nous adapter encore davantage aux évolutions du marché.
Propos recueillis par Emilie Gilmer

Crédits photos : Valentine Chapuis - ToulÉco