ToulÉco Tarn

Publié le mardi 4 avril 2017 à 20h14min par Anne Marie Bourguignon

Didier Houlès : « Le Tarn doit se mobiliser autour de l’innovation »

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Président d’Initiative Tarn, la plate-forme d’aides au financement des petites entreprises, Didier Houlès s’attache aux priorités départementales qui caractérisent le tissu économique du Tarn. Il estime urgent de mobiliser les forces vives économiques autour de l’innovation.

L’économie du Tarn va devoir exister au sein du nouveau périmètre de la Grande Région. Quels sont ses atouts à valoriser ?
Didier Houlès : Le Tarn est un territoire varié en agronomie comme en économie. Un département composite, fruit d’une histoire géographique et industrielle. Il y a toujours de fortes disparités entre l’ouest avec l’axe Toulouse-Albi, et le reste, de Castres-Mazamet vers les monts de Lacaune.
Un de ses points forts est le secteur des services à l’entreprise (transports, assurances, banques etc.). La pression foncière y est relativement faible et des solutions sont possibles à des coûts convenables.

Que font les pouvoirs publics pour accompagner l’économie ?
Les nouvelles intercommunalités et les chambres consulaires mènent une action de fond sur le long terme, pour permettre à un maximum d’entreprises de trouver un repreneur, poursuivre leur activité et contribuer à la création de valeurs.
Le Tarn a réussi son désenclavement numérique grâce à des Sem, des Société d’économie mixte, qui lui ont donné un temps d’avance sur d’autres départements en région Occitanie comme en France. Aujourd’hui, il convient de réussir la transition des réseaux internet vers du très haut débit en résorbant toutes les zones blanches.

Pourtant, il existe encore des a priori…
Si l’hétérogénéité du territoire est réelle, l’enclavement de la Montagne Noire et du sud du Tarn existe encore : ces territoires rencontrent des difficultés à faire venir des entrepreneurs de l’extérieur. Le plus difficile est d’embaucher des cadres.
Non seulement il faut réussir à les attirer, mais il faut aussi trouver du travail pour leurs conjoints. Aujourd’hui cela reste compliqué. Le système de formations répond pourtant en partie à cette problématique avec l’École des Mines, l’université Champollion, Isis, qui permettent à nos étudiants de trouver des débouchés sur place.
La priorité reste d’attirer davantage de porteurs de projets innovants, inscrits dans le long terme et prometteurs en termes d’emplois.

Quels sont les points faibles du département ?
L’économie est aujourd’hui encadrée par un environnement collaboratif technologique qui parle aux jeunes générations. Le Tarn touche à tout, même si la chute des emplois industriels du textile, en particulier, reste difficile à compenser.
Quant à l’innovation, c’est un peu le talon d’Achille économique du Tarn. Alors que le département propose tout ce qu’il y a de mieux, avec des technopoles, des innopoles, de l’enseignement supérieur, un tissu industriel et artisanal, un Fonds régional de prêts d’honneur (avec le concours de la Région et de la Caisse des Dépôts), il y a très peu de nouvelles entreprises innovantes qui émergent. Il est donc urgent de se mobiliser autour de cet objectif.
Propos recueillis par Anne-Marie Bourguignon

Photo AMB - ToulÉco