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Publié le mardi 5 mars 2019 à 18h05min par Philippe Font

Pierre Fabre : des mesures sociales dans la branche du médicaments

Article diffusé le 19 février 2019

L’annonce il y a quelques semaines de la suppression de la branche Santé Information de Pierre Fabre pour mi-2019 inquiète. Des salariés ont manifesté mardi devant le siège social du groupe pharmaceutique.

Mardi 19 février au matin, une quarantaine de salariés de Pierre Fabre ont manifesté devant le siège social des laboratoires afin de dénoncer l’arrêt de la branche santé Information, sa branche promotion du médicament (APM), dans le cadre d’un PSE, un Plan de sauvegarde de l’emploi. Selon la direction du groupe qui a pris la décision d’arrêter l’activité en décembre 2018, « cette activité (…) n’est plus viable économiquement en raison des déremboursements, des baisses de prix récurrentes et du développement des génériques affectant son portefeuille de produits depuis cinq ans ».

Au total quatre vingt-et-une personnes, dont soixante quatorze attachés à la promotion des médicaments, répartis sur toute la France et sept personnes travaillant sur le site Peraudel à Castres, voient leurs emplois menacés. Une dizaine seulement seraient reclassés. Le groupe pharmaceutique annonce vouloir concentrer ses efforts « sur le marché de l’automédication en croissance de 3 à 4% par an ». Malgré ce nouveau positionnement, la mise en place du PSE ne passe pas du côté des syndicats.

« Nous nous éloignons de l’ADN humaniste de Pierre Fabre »

« Non seulement ce plan n’est pas justifié mais quand on voit les mesures sociales, on s’aperçoit qu’il y a une vraie volonté de l’appliquer à "l’économie" », explique Frédéric Fabre, délégué syndical CGT. « Même si les chiffres d’affaires de la branche Santé Information ne sont pas élevés, ils ne sont pas déficitaires. Pour la direction, cette branche ne gagne pas assez d’argent, donc on la ferme ! ». Alors que les négociations entre la direction et les délégués syndicaux continuent, le représentant de la CGT pointe du doigt la direction prise par la direction depuis dix huit mois.

« Nous nous éloignons de l’ADN humaniste mise en place par le fondateur Pierre Fabre. Il trouvait toujours une solution pour éviter un plan social. Aujourd’hui nous sommes confrontés à une direction moins à l’écoute et davantage dans une logique néolibérale ». Une évolution qui inquiète les représentants du personnel : après le plan social de 2015 qui a débouché sur le licenciement de 400 personnes et aujourd’hui la fermeture de la branche APM, la CGT dit redouter la publication du plan « Transformation Pierre Fabre » qui devrait être rendu public au printemps 2019. Celui-ci pourrait selon le syndicat « bouleverser l’entreprise en profondeur ».
Philippe Font

Sur la photo : Une partie des salariés du site Péraudel des Laboratoires Pierre Fabre à Castres est concerné par le PSE. Crédits : Pierre Fabre - DR