ToulÉco Tarn

Publié le mardi 2 juin 2015 à 19h03min par Anne Marie Bourguignon

Les constructions Modolo se replient sur le secteur de la rénovation

Installé à Lisle-sur-Tarn depuis 1959, Robert Modolo est le constructeur de maisons, historique, dans le département. C’est aussi un sérial entrepreneur dont le Tarn a la primeur. À son actif, plus de 1500 maisons individuelles et la création de plusieurs entreprises.

À 79 ans, toujours aux manettes de la sarl éponyme , Robert Modolo subit la crise du bâtiment de plein fouet, après avoir connu toutes les années fastes des seventies.
Ce maçon de formation a même créé plus d’une centaine d’emplois. À commencer par sa première entreprise de maçonnerie avec un seul collaborateur. Puis au fil du succès, il a été le patron d’ une société de production de sable et de gravier qui tournait avec une cinquantaine de salariés. La SGM qu’il a vendue il y a dix ans, produisait alors 350.000 tonnes de granulats et 40.000 m3 de béton, par an.
Puis, il a lancé Dalsud en 1990, juste en face, avant d’être amené à s’en séparer.
Alors qu’il y a encore trois ans il construisait trente maisons par an, il n’en réalise plus aujourd’hui qu’une quinzaine. Son chiffre d’affaires est tombé de 3 millions d’euros en 2012 à 1,8 million d’euros et huit salariés.

Robert Modolo prépare le passage du flambeau à sa fille

Le constructeur s’inquiète, d’autant que sa fille Martine espère reprendre l’entreprise familiale, dans laquelle elle est conducteur de travaux depuis 20 ans.
Diplômée d’un BEP et d’un CAP de dessin du bâtiment et génie civil, elle a commencé au bureau d’études de l’entreprise.

Elle est donc tombée très tôt dans la gamatte et ses jouets préférés sont la truelle et le niveau. À 52 ans, plus optimiste que son père et passionnée par son métier, elle trouve son bonheur sur les chantiers sur lesquels elle arrive, dès l’aurore, avec son camion pour tracer, au cordeau, les fondations des projets sur le terrain.
Tirer du béton, poser des longrines, Martine assure, à chaque étape, la construction et la gestion du suivi des sous-traitants. Ses challenges quotidiens : les délais toujours tenus et le contact client.

Pénalisé par le surcoût des nouvelles normes

« Il n’y a plus la demande comme autrefois et surtout plus le budget. Trop contraignantes, génératrices de surcoût, les nouvelles normes RT 2012 nous ont pénalisés de 20 à 25%. Les clients potentiels n’ont pas le budget : en moyenne 160.000 euros avec l’achat du terrain, il revient in fine à 180.000 euros. Les primo accédants à la propriété ne peuvent pas l’obtenir. Plusieurs dossiers en cours n’aboutissent pas. Quant à notre clientèle d’investisseurs pour la location, ils n’investissent plus par manque de rentabilité. Tous ces facteurs ont engendré une chute d’activité de 30 à 40%, surtout pour les pavillonneurs », estime-t-il.

Comme ses projets chiffrés ne passent plus, l’entrepreneur a été obligé de se rabattre sur le secteur de la rénovation, afin d’occuper le personnel et les sous-traitants.
Depuis un an, il s’est également lancé dans la promotion immobilière et construit 7 à 8 maisons, par an, pour les vendre lui-même.
Anne-Marie Bourguignon
Sur la photo : Robert Modolo et sa fille Martine

Photo AMB - ToulÉco.