ToulÉco Tarn

Publié le mardi 25 octobre 2016 à 18h11min par Anne Marie Bourguignon

Les Cuirs du Futur sauvés par une innovation extensible

Retrouvez cet article sur le site de

Depuis la zone industrielle de Rieutord à Graulhet, les Cuirs du Futur comblent les plus grandes marques de luxe du monde. Sauvée par l’innovation (certifiée EPV cette année) la mégisserie tarnaise réalise un C.A. de 16 millions d’euros, dont 60% à l’export.

Après Jean-Claude Jitrois, c’est au tour de Chanel, Balenciaga, Gucci, Givenchy, Vuitton, Prada de s’habiller en cuirs tarnais ! Finement travaillés par 50 salariés et 25 intérimaires, au savoir-faire remarquable et reconnu, les Cuirs du Futur ont sauvé leur activité de mégisserie traditionnelle en mettant au point une peau d’agneau stretch.

Doublée d’une toile élastique, cette matière souple, baptisée « Magisco », a, vraiment, quelque chose de magique. D’autant qu’ensuite, un papier de transfert apposé permet d’obtenir des effets spéciaux irisés, chatoyants, lisses ou en relief, façon peau de serpent ou camouflage, agissant comme des prismes réflecteurs et diffuseurs de lumière.

Une innovation née à Graulhet, voici une vingtaine d’années, qui a nécessité dix ans de mise au point et fait, aujourd’hui, fureur dans la haute-couture, tout en permettant aux petites mégisseries tarnaises de sauvegarder leur activité en travaillant la petite peau.

3.000 peaux d’agneau stretch par jour

Achetées chez des négociants, arrivées semi-tannées pour moitié de France et d’Espagne, 3000 peaux finalisées sont expédiées quotidiennement en Europe, aux USA ou en Chine, par les ateliers de la maison.
Après les avoir tannées à nouveau, elles sont sciées dans l’épaisseur afin de gagner en légèreté et collées sur une toile en coton élastique.
« Aujourd’hui, c’est un produit abouti. En pleine mode et dont la demande croissante génère notre croissance exponentielle », se félicite Denis Saussol, le gérant.

Mégissier de père en fils, il souligne : « Cuirs du Futur reste la seule entreprise, en France, capable de traiter le produit de A à Z, depuis la peau d’agneau originale. Ce process avant-gardiste est le fruit d’une R&D de groupe interne, qui évolue au fil des tendances, toujours en amont des collections ».

Boosté par un carnet de commandes bien rempli, le chef d’entreprise a poussé les murs pour agrandir les locaux de 500m².
« En ayant ainsi la possibilité d’augmenter la production, nous avons besoin de place. Les métiers du cuir n’ayant plus assez de formations, nous formons nous-mêmes les personnels. Chaque année, une à deux embauches nouvelles se font sur les intérimaires que nous employons, ayant acquis cette expertise », explique-t-il.
Anne-Marie Bourguignon

Sur la photo : Denis Saussol, gérant des Cuirs du Futur. Photo AMB - ToulÉco