ToulÉco Tarn

Publié le mardi 27 mai 2014 à 21h43min par Anne Marie Bourguignon

Florentin. Le lin oléagineux d’hiver gagne du terrain dans le Tarn

Sur une parcelle d’essais située sur la commune de Florentin, une vingtaine d’agriculteurs sont venus découvrir les vertus de huit variétés de lin oléagineux d’hiver, en cours de test, avec les spécialistes du Grenier Coopératif de l’Albigeois.

Le Grenier Coopératif de l’Albigeois développe la culture du lin oléagineux d’hiver dans le Tarn depuis 2008 et transforme les graines en aliment pour le bétail, depuis 2011. Ses équipes techniques ont invité les professionnels de la filière à toucher du doigt la culture du lin oléagineux d’hiver, en cours d’expérimentation, sur six hectares, en bordure de l’autoroute du Pastel, à hauteur de Marssac. Semé en octobre pour être récolté fin juin, les jolies petites fleurs bleues de ce lin donnent des graines que la coopérative albigeoise intègre dans des granulés par extrusion. Très riche en oméga 3, ce lin oléagineux d’hiver valorise d’autant les produits fini (viande, lait), issus des bestiaux qui le mange sous cette forme.

Sur les 450 agriculteurs adhérents à cette coopérative, (du Tarn et un peu de l’Aveyron), une cinquantaine cultivent déjà quelque 700 hectares et espèrent bientôt les 1000 hectares, de ce lin oléagineux, qui produisent environ 2000 tonnes de graines par an, destinée à la fabrication d’aliment pour le bétail.

Le lin : que des bonus agro-éco

Cette culture ancestrale, mais peu à peu disparue dans le département, a des atouts agronomiques et économiques importants. Il apparaît aujourd’hui comme un nouveau débouché agricole. C’est notamment un excellent précédent cultural pour la culture du blé. Il permet en particulier l’amélioration des rendements avec l’allongement des rotations, la gestion des adventices et surtout la réduction des intrants. « Nous utilisons des graines d’origine française, non OGM », certifie Thierry Roch, le président du Grenier coopératif.

Ce lin est également la seule production dont les prix garantis par des contrats spécifiques ne sont pas soumis à la volatilité des cours pour les agriculteurs. Le Grenier Coopératif Albigeois le leur achète 500 euros la tonne (soit deux fois plus que le tournesol). « Nous souhaitons augmenter le nombre d’agriculteur vers cette culture encore méconnue. C’est une production indépendante des marchés. Ce qui évite la volatilité des prix garantis par la coopérative », explique Daniel Maurel, le directeur. Pour Manu Dona, l’agriculteur qui fait les essais sur son champ entre deux cultures de blé, orge ou maïs : « C’est une plante qui apporte de la diversité à l’assolement, facile à faire pousser. Comme il pousse en hiver, ce lin ne nécessite que l’eau du ciel ».

Ce lin enrichi en protéines, structure la terre et la rend plus productive en captant mieux l’azote. Ce qui permet aussi de diminuer la pression des mauvaises herbes et diminue l’usage des produits phytosanitaires.
Anne-Marie Bourguignon
Photo A-M.B.

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