ToulÉco Tarn

Publié le mardi 8 septembre 2015 à 19h00min par Audrey Sommazi

La Verrerie ouvrière d’Albi bientôt vendue à un fonds de pension américain

Fondée en 1895, la Verrerie ouvrière d’Albi, spécialisée dans la fabrication du verre, sera vendue au second semestre 2015 à Apollo, un fonds de pension américain.

C’est une page qui se tourne pour la VOA, la Verrerie ouvrière d’Albi, l’une des dernières usines françaises de fabrication de bouteilles. Cette première coopérative ouvrière fondée en 1895, et inaugurée la même année par Jean Jaurès, est en vente depuis décembre dernier. Et depuis juin, son avenir en pourparlers semble se dessiner. Car Saint-Gobain, son propriétaire depuis 1998, qui ne cache pas sa volonté depuis huit ans de se séparer de sa filiale Verallia (10.000 employés, 27 usines dans le monde, 7 en France) est « en négociations exclusives » avec le fonds de pension américain Apollo. La verrerie sera cédée au second semestre, affirme Benoit Chatillon, le directeur général de la VOA.

Pour la CGT, syndicat majoritaire, pas de doute cependant, la vente a été réalisée à la mi-juin. Le fonds de pension aurait même déboursé trois milliards d’euros pour racheter la totalité de Verallia, allant même jusqu’à s’endetter sur 10 ans, toujours selon la CGT.

Un million de bouteilles par jour

Employant 270 salariés et 30 CDD, la VOA fabrique entre 800.000 et 1 million de bouteilles par jour. « Saint-Gobain a vendu à un financier la poule aux œufs d’or, qui réalise huit millions d’euros de bénéfice, avec une croissance à deux chiffres, ajoute la CGT, qui n’est pas inquiète par cette vente dans l’immédiat. « Notre activité est assurée sur trois ans, durée du plan stratégique compris dans l’offre de vente. De plus, nous ne sommes pas à l’agonie et notre activité ne peut pas se délocaliser car le transport du verre est cher », affirme le syndicat.

Autre garantie pour la poursuite de la production : le renouvellement des deux fours, l’un en décembre, l’autre fin 2017, pour un montant de 15 à 20 millions d’euros chacun, financé en totalité par Saint-Gobain, indique Benoit Chatillon.
« Mais après ? s’interroge le syndicat. Il s’agit d’un fonds de pension, pas d’un enfant de choeur, qui revendra la VOA probablement ou entrera en bourse ».
Audrey Sommazi

Selon le site dirigeants.com, la VOA a enregistré en 2014 près de 107 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Photo ToulEco Rémy Gabalda