ToulÉco Tarn

Publié le mardi 9 octobre 2018 à 18h57min par Anne Marie Bourguignon

La Matière bavarde révèle la face cachée des matériaux connectés

Spécialisée dans le design d’espace interactif, la société tarnaise Marianka développe des surfaces connectées fonctionnelles, sensorielles, interactives, ludiques, et éducatives, sous l’appellation de La Matière Bavarde.

Issue de formations artistiques en de­sign, métiers d’art et nouvelles tech­nologies, Margaux Bardou a créé la Sasu Marianka en juillet 2017 au sein de la pépinière d’entreprise Albisia.
À 24 ans, la jeune dirigeante a toujours une idée d’avance pour animer la ma­tière. Après un riche parcours débuté à Rodez (Aveyron) avec un baccalauréat artistique, elle poursuit par un diplôme des métiers d’art option Laque dans une école d’art parisienne. Puis elle enchaîne avec une formation d’architecte d’inté­rieur et de design.

« Pendant mes études j’ai travaillé dans une association de tex­tile électronique. J’ai voulu transposer ces avancées technologiques de textile intelligent dans ma spécialité, les revê­tements de surfaces », explique-t-elle. De retour dans le Tarn, elle a choisi de faire partager son goût de l’artisanat d’art en enseignant à l’École européenne de l’art et des matières (EEAM) d’Albi, où elle in­tervient toujours en tant que formatrice sur les nouveaux matériaux.

Une évolution à haute valeur ajoutée

Un cheminement qui l’a amenée à développer ces fameux enduits interactifs connectés qui permettent de transformer tous types de surfaces en interrupteurs. Pour activer des sons, des lumières, détecter des présences et même en­voyer des messages sur les téléphones ! « Nous sommes les premiers à faire ça avec ce type de matériau. Cet interrupteur invisible mais fonctionnellement présent s’intègre parfaitement dans des chantiers en réhabilitation du patrimoine ou des chambres d’hôtels », jubile Margaux.

Il y a quelques semaines, elle a réalisé une ex­position au salon Viva technologie à Pa­ris en partenariat avec l’École des mines, ce qui lui a permis de se faire connaître auprès de grands groupes comme Accor, Bouygues, etc. La jeune lauréate a reçu le trophée Jeune de l’association des Va­leurs de l’Albigeois qui va lui permettre de bénéficier de conseils et du soutien des entrepreneurs adhérents pendant une année. Cela peut aller de conseils en recherche de financement, en mana­gement, ou encore en marketing.

Elle va également bénéficier d’une invitation pendant un an au club des partenaires du SCA (Sporting club albigeois) et recevoir le trophée réalisé par Casimir Ferrer, ar­tiste peintre et sculpteur albigeois.
Après une année de R&D, Marianka démarre avec ses premiers clients. Avec Benoît Gautier, responsable de la produc­tion et Léa Bucquet, à la communication, son équipe développe les premières col­lections qui seront présentées au salon Equiphôtel à Paris en novembre 2018. Ces mises au point du concept à la fabrication, dont certains savoir-faire sont sous-traités en région, se font dans l’atelier d’Albisia.

Dans le giron de l’incubateur de l’École des mines d’Albi, après de nombreux tests et prototypes, Margaux Bardou a fini par dé­velopper plusieurs formulations d’enduits et de mortiers. Ces recherches ont abouti aujourd’hui à un dépôt de brevet : il a été rendu possible grâce à l’aide matérielle de 20.000 euros d’Albi Up, le concours porté par la technopole Albi InnoProd.
Présidente de Marianka, elle apporte non seulement un brevet à l’entreprise, mais aussi toute l’expérience acquise jusqu’à présent dans le domaine du design, de l’architecture d’intérieur, et des surfaces connectées.
Anne-Marie Bourguignon

Sur la photo : Margaux Bardou, fondatrice de l’entreprise Marianka dans l’atelier d’Albisia. Crédits : A-M.B - ToulÉco