ToulÉco Tarn

Publié le mardi 13 octobre 2015 à 21h06min par Anne Marie Bourguignon

La Croix des marchands et le Château Pelvié. Deux vignobles, un seul coeur d’AOC Gaillac

Venu dans le Tarn rencontrer les professionnels de la viticulture, à V’innopôle Sud-Ouest, Pascal Mailhos, préfet de la région Midi-Pyrénées a même fait les vendanges, sur un domaine exemplaire de production d’AOC Gaillac, celui de La Croix des marchands à Montans.

Fruit du travail de quatre générations, la qualité des vins produits par la famille Bezios est remarquable. Père, mère et fils, les trois actionnaires co-gérants de l’Earl Vignobles Jérôme Bezios, exploitent deux vignobles : celui de La Croix des marchands à Montans et celui du Château Pelvié à Cahuzac-sur-Vère.

Une diversité de terroirs

Le premier est nourri par un terroir de Graves caillouteux, le second par un plateau argilo-calcaire, qui permettent à ces vignerons indépendants de bénéficier des différences de sélection, entre autres sur dix jours d’écart de maturité.
Deux domaines, donc, qui produisent uniquement de l’AOC Gaillac avec des cépages autochtones : Duras, Braucol, Prunelard et Syrrah pour les rouges et Mauzac, Loin de l’œil, Muscadelle pour les blancs. En lutte raisonnée depuis dix ans, ils sont aujourd’hui labellisés Terra Vitis.

« C’est une démarche réflexive qui nous remet en cause et nous oblige à avancer sur notre intervention dans les vignes, uniquement quand la qualité du raisin est engagée », explique Jérôme Bezios, qui s’est installé dans l’entreprise familiale il y a 17 ans, au sortir d’un BTS viticulture œnologie et d’une école de vente sur les vins, suivis à Bordeaux.

« Dans les années 80, notre exploitation a fait le choix de se spécialiser sur la monoculture de la vigne. Nous avons, alors, opté pour des cépages autochtones qui perdurent, aujourd’hui. Une typicité, fruit de 35 ans de labeur : de l’encépagement à l’installation d’une unité de production », se félicite Jean-Marie Bezios, le père.

Un élevage de haute précision

Précoce, à maturité, à sur maturité ou en passerillage, ce passionné du travail d’affinage mise sur un élevage de haute précision. Selon ces diverses dates de récolte, il peaufine quatre vins différents sur un même cépage, comme le Mauzac. Un des gros atouts du Gaillacois.

De la taille de la vigne à la mise en bouteilles, 14 personnes produisent 50 hectolitres à l’hectare dont 60% en rouge, sur les deux exploitations (32 ha à Montans et 20 ha à Cahuzac). Soit environ 2600 hectolitres, tous vins confondus.
L’entreprise génère un chiffre d’affaires de 850.000 euros, en croissance de 5%.
Et « c’est pas fini ! ». Rassurée par la qualité avérée du millésime 2015 et du volume (+30%), elle s’attend à une progression encore plus significative pour l’exercice à venir. Avec pour objectif d’atteindre le million d’euros d’ici cinq ans et donc une perspective d’embauches.

D’autant que son dirigeant a réussi à construire un réseau commercial qui lui permet d’écouler 80% de sa production en direct, sur trois segments de marché : les cavistes, restaurants et grossiste de proximité ; son caveau flambant neuf pour une clientèle de particuliers ; l’export qui représente environ 10% de cette production dans dix pays dont le Japon.

Superbe vitrine du vignoble, ce caveau a nécessité un investissement de 150.000 euros. Un atout qui permet aux viticulteurs maison de participer à des événements d’oenotourisme attrayants.
Anne-Marie Bourguignon

Sur la photo : Pascal Mailhos, préfet de la région Midi-Pyrénées, arrière petit-fils d’un vigneron de Cadalen, joue du sécateur dans les vignes du Domaine de La croix des marchands, sous l’œil attentif de Jérôme et de Jean-Marie Bezios.
Photo AMB - ToulÉco.