ToulÉco Tarn

Publié le mardi 13 juin 2017 à 21h05min par Anne Marie Bourguignon

« La desserte des infrastructures routières dans le Tarn est insuffisante »

Retrouvez le dossier Mobilités dans ToulÉco Tarn n°27 !

Reconduit pour une nouvelle mandature placée sous le signe des transformations, digitales, énergétiques et entrepreneuriales, Michel Bossi est très attentif aux attentes des entreprises. D’autant que ces dernières sont largement pénalisées par un niveau de desserte routière, ferroviaire ou aérienne, inégal et à (...)

Michel Bossi, comment voyez-vous l’évolution des infrastructures routières tarnaises ?
Les infrastructures routières tarnaises sont inégales et insuffisantes. Le département, en particulier au sud et à l’est, souffre depuis de nombreuses années d’un relatif enclavement. Le Tarn dispose d’un réseau routier départemental permettant de relier les principaux bassins d’emplois. Toutefois, ces infrastructures sont parfois dangereuses et insuffisantes pour désenclaver l’ensemble des territoires. Ainsi, certains d’entre eux restent peu lisibles et difficiles d’accès : c’est le cas, notamment, des Monts de Lacaune, du Cordais… Si à terme l’A68 doit relier Toulouse à Lyon en passant par Rodez et Clermont-Ferrand, elle n’est toujours pas finalisée et fait d’Albi un point de blocage que les entreprises parviennent difficilement à franchir. Même si elle a permis le développement des communes situées tout au long de l’A68 ou en bordure de la Haute-Garonne.

Après de nombreuses années d’attente, l’État vient de valider la mise en concession autoroutière de la liaison Castres-Toulouse, qui permettra de désenclaver le sud du département et de relier la sous-préfecture tarnaise, Castres, à la métropole toulousaine. Cette infrastructure devrait favoriser le développement du sud-est du département qui souffre de désindustrialisation. Enfin il est impératif que des travaux d’aménagement et de mise en sécurité soient enfin réalisés sur la RD 112 qui relie Albi et Castres au vu des 10.000 véhicules qui utilisent quotidiennement cet axe.

Qu’en est-il de la desserte ferroviaire et des transports en commun ?
Le Tarn est aussi desservi par les lignes ferroviaires, mais de manière insuffisante, laissant là encore de nombreuses communes à l’écart. Cependant, la ligne Carmaux-Albi-Gaillac-Toulouse est de plus en plus fréquentée par des actifs locaux travaillant à Toulouse. Il convient de noter également la poursuite par la Région du programme de rénovation des voies de chemin de fer. Les lignes de transports en commun routiers se sont également fortement développées au niveau infradépartemental, que ce soit à l’initiative du département ou des intercommunalités. Bien qu’il semble difficile de desservir toute la population tarnaise avec un cadencement suffisant, des efforts importants sont réalisés entre les principaux bassins d’emploi et de vie. Il semblerait ainsi que la ligne d’autobus entre Albi et Castres connaisse un succès grandissant. Parallèlement à tout ceci, des aires de covoiturage voient le jour : elles sont de plus en plus nombreuses et fortement utilisées par les usagers de la route. Certaines sont même saturées.

Créées pour maintenir le tissu économique local et enrayer l’érosion des emplois industriels, les liaisons aériennes font-elles toujours le poids dans les
stratégies locales ?

Le nord-ouest du département se trouve à une heure en moyenne de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. La sous-préfecture tarnaise de Castres dispose également d’un petit aéroport assurant trois liaisons quotidiennes vers Paris. Propriété d’un syndicat mixte, l’aéroport de Castres-Mazamet est géré depuis sa création en 1990 par la Chambre de commerce et d’industrie du Tarn, en étroite collaboration avec la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet, le Conseil départemental du Tarn et la Région Occitanie/Pyrénées – Méditerranée. Il reste le seul outil au service du désenclavement de tout un territoire et un maillon indispensable de la Zone d’intérêt régional en santé et numérique, située au cœur de l’agglomération de Castres-Mazamet.

Soixante-dix entreprises se sont implantées en dix ans sur le Causse espace d’entreprises en question. Un espace de haute technologie situé dans un environnement exceptionnel. Avec la nouvelle grande région Occitanie, il faut aborder la question des aéroports non seulement en matière d’économie aéronautique mais surtout au regard de leur impact économique. Au-delà de toutes controverses « simplistes et récurrentes » sur le nombre des aéroports, il convient de prendre en compte les stratégies locales au cas par cas.

Propos recueillis par Anne-Marie Bourguignon

Sur la photo D.R. : Michel Bossi président de la CCI du Tarn, dirigeant de l’entreprise Fin’tech Industrie à Albi