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Publié le mardi 24 janvier 2017 à 19h00min par Aurélie de Varax

Inauguration de Valthéra, un démonstrateur pré-industriel unique en France, dédié à la biomasse

Inaugurée le 18 janvier au coeur du parc technopolitaine Albi-Innoprod, Valthéra propose 360 mètres carrés dédiés aux nouvelles voies de valorisation des sous-produits d’origine agricole, forestière ou agroalimentaire.

C’est une plateforme de recherche et d’innovation unique en France. Inaugurée le 18 janvier au coeur d’Albi-Innoprod, Valthéra est la première installation à réunir tous les équipements nécessaires à l’exploration thermique de la biomasse. Tout en utilisant l’énergie solaire, grâce au premier four solaire installé sur le toit d’un bâtiment industriel classique.

Porté par l’Ecole des Mines d’Albi, le projet a couté 2,2 millions d’euros. Une somme réunie par le Grand Albigeois (1,2 millions d’euros), le propriétaire du bâtiment, ainsi que l’Etat et la région Occitanie qui ont financé les équipements à hauteur de 510.000 euros chacun. « Après les plateformes Gala et Mimausa, Valthéra illustre la dynamique de croissance de l’École des Mines d’Albi » a déclaré Alain Schmitt, son directeur.

Un démonstrateur pré-industriel

Les résidus verts sont aujourd’hui très hétérogènes avec des taux d’humidité très variables qui ne permettent pas de valorisation unique par la voie aujourd’hui privilégiée : la méthanisation. La voie thermique semble donc être prometteuse pour adresser les sous-produits plutôt secs comme les pailles, les sarments de vignes ou coques de maïs mais les procédés ne sont pas industrialisés. D’où l’intérêt de Valthéra : « nous mettons à disposition tous les équipements pour traiter la matière en sortie de champs, y compris les déchets qualifiés »dangereux« comme les bois traités, jusqu’à la ressource secondaire, » précise Francisco Javier Escudero Sanz, le responsable de Valthéra." Et ce, jusqu’à trente kilogramme de matière par heure.

Adossé au laboratoire Rapsodée (UMR CNRS 5302) l’installation mobilisera l’expertise internationalement reconnue du laboratoire et de ses cent-six chercheurs. « Il s’agit de mettre au point avec les entreprises les procédés et les installations pilotes permettant de démontrer la faisabilité de projets à l’échelle semi-industrielle » a précisé Alain Schmitt. Une vingtaine de projets sont déjà dans les tuyaux.

Explorer les potentiels de la matière

Au coeur de la valorisation thermique de la biomasse, on trouve les procédés de gazéification. « Elle permet une valorisation en plusieurs vecteurs énergétiques avec une faible empreinte sur l’environnement et peu d’émissions de CO2 », explique Francisco Javier Escudero Sanz. On peut extraire du carbone ; du gaz ; des cendres dont la valeur minérale pourra être réutilisée par exemple dans le goudron ou les bétons ; ainsi que du char (charbon végétal) qui pourra servir comme combustible pour produire de la chaleur ou du gaz très pur. « Un des avantages est de produire moins de particules fines et moins de carbone qu’une chaudière biomasse », ajoute le responsable.

Si Valthéra est actuellement adossée au pôle de recherche du semencier aveyronnais RAGT Énergie, ce n’est pas un hasard. Partenaire du projet, le groupe se développe depuis dix ans dans dans la formulation de biocombustibles, sous forme d’agropellets. Cette fabrication de pellets effectuée à très haute température génère des gaz. Ils pourront être valorisés, après traitement, par Valthéra.
Aurélie de Varax