ToulÉco Tarn

Publié le mardi 21 janvier 2014 à 21h19min par Anne Marie Bourguignon

Graulhet. La société V’récuir récompensée pour sa maroquinerie de luxe

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Avec 26 employés qualifiés, la société V’récuir est la plus grosse maroquinerie de Graulhet. Ces petites mains coupent, piquent et cousent quelque 300 modèles d’accessoires haut de gamme. Une excellence au service des plus grandes marques françaises.

Créée en 1929 à Graulhet par Louis Fau, reprise en 1947 par son épouse, puis par son fils Jean-Noël, la maroquinerie V’récuir a obtenu, en 2012, le label « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Ce label EPV* distingue des entreprises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. Seules quatre entreprises du Tarn l’ont obtenu.

Dans les 700m² d’ateliers, le personnel s’affaire à la découpe à la presse. Tandis que l’un procède délicatement à la refente des peaux pour en diminuer l’épaisseur, un autre affine les bordures. Tout ici relève d’une précieuse autant que remarquable technicité. De la préparation des pièces (encollage, rembordage, assemblage), à leur montage par piquages selliers et finitions, ainsi qu’au bichonnage. Pour finir par la mise en boîte. Aux pinceaux, aux ciseaux, à la masse en bois, les ouvrières peaufinent méticuleusement les finitions.

En quête de nouveaux prestigieux clients

En peau de veau, chèvre ou en cuir de vachette, les porte-monnaie, porte-cartes, trousses et autres jolis modèles de qualité de petite maroquinerie, issus de l’atelier, sont vendus dans des magasins de la région.
Mais aussi, sous-traitant de la prestigieuse marque Texier en Bretagne, l’entreprise travaille depuis longtemps pour des donneurs d’ordres renommés. Pendant dix ans, elle a fourni Le Tanneur, jusqu’au dépôt de bilan de la société Andrelux, reprise à la barre du tribunal par un groupe et ses partenaires financiers du Qatar.

Pour Air France, la Maison Fau a fabriqué des cadeaux pour les passagers du Concorde (étiquettes à bagages, porte-passeports, étuis à stylos) et pour Ted Lapidus, des accessoires pour les ventes à bord. Mais au fil des décennies, ces illustres clients ayant choisi de délocaliser les productions, V’récuir a dû diviser son personnel par deux. Son chiffre d’affaires est aujourd’hui de 1,2 million d’euros.

« Nous sommes en pleine mutation économique. Le marché est de plus en plus difficile. A force de tirer les prix vers le bas, nous avons subi un contrecoup sévère, après la crise de 2009 », explique Jean-Noël Fau, qui tente de nouer des contacts avec Hermès, « l’icône du luxe à la française ».

Ce label représente donc une reconnaissance de son excellence pour l’entreprise tarnaise qui a connu des périodes fastes, à l’instar de la mégisserie graulhétoise. Une industrie même florissante quand elle travaillait uniquement la peau de mouton, dite de basane, avant d’évoluer vers un artisanat du cuir.

Anne-Marie Bourguignon

*EPV : Attribué pour une période de cinq ans, ce label rassemble des fabricants attachés à la haute performance de leur métier et de leurs produits. Créé par la loi en faveur des PME du 2 août 2005, le label Entreprise du Patrimoine Vivant peut « être attribué à toute entreprise qui détient un patrimoine économique, composé en particulier d’un savoir-faire rare, renommé ou ancestral, reposant sur la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité et circonscrit à un territoire ».