ToulÉco Tarn

Publié le mardi 7 janvier 2014 à 19h00min par Anne Marie Bourguignon

Graulhet. La Brasserie des vignes investit une ancienne mégisserie

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Initialement créée au cœur du vignoble gaillacois, d’où son nom, la Brasserie des vignes trouve, aujourd’hui, sa place dans les locaux historiques d’une ancienne mégisserie graulhétoise. Adossé à cette fabrique de bière artisanale, le Musée de la bière permet aux visiteurs d’en découvrir tout le (...)

La Brasserie des vignes, une des six fabriques de bière du Tarn sur les trente-deux installées en Midi-Pyrénées, fait revivre une friche industrielle de l’industrie du cuir, sur les bords du Dadou. Il y a neuf ans, Stéphane Dumeynieu s’est lancé dans la fabrication de bières, par passion et pour en maîtriser toute l’expertise. Accueilli pour ce faire chez un vigneron gaillacois, cet ancien professeur de Physique-Chimie a commencé par gagner ses galons en tant que brasseur.

C’est en terre viticole qu’il fait ses armes pour maîtriser la tradition brassicole. Avant que sa soif de pédagogie ne l’amène à vouloir faire partager son goût pour ce breuvage, consommé depuis l’Antiquité. Non content d’organiser des séances de biérologie, alimentées par un film des années trente qui permet de découvrir le processus complet de la fermentation du grain au brassage, le maître des lieux invite des photographes à exposer leurs œuvres en lumière naturelle, dans les séchoirs d’époque. Du plus bel effet.

Le tonneau plutôt que l’amphore

Préférant le tonneau à l’amphore, le Gaulois a entrepris voici deux ans de réhabiliter dans son jus, un local historique qui a fait l’histoire de la mégisserie, sur quatre étages. Un vrai travail de Romain. Utilisant toutes les ressources techniques d’origine d’un immense bâti à claire-voie, de plus de mille mètres carrés, le cervoisier a, peu à peu, remplacé le mégissier d’antan. Le galetas qui a vu passer tant de peaux accueille, aujourd’hui, les sacs d’orge malté en voie de brassage. Utilisant la gravité naturelle des lieux, le brasseur a mis au point un itinéraire astucieux facilitant, naturellement, son cheminement jusque dans les cuves positionnées au rez-de-chaussée. De ces cuves sortent plus de 210 hectolitres par an.

Adossé à l’espace de vente directe, celui de dégustation propose un choix de bières joliment étiquetées de dessins humoristiques réalisés par Serge Fiedos, un ami illustrateur-dessinateur, fan de BD et de pin-up. La clandestine, la libertine, la délinquante, la toutoblack y rivalisent de poésie et de degrés divers, avec la calabrune, sortie fin novembre pour être la bière d’hiver maison. Plus ambrée, cette dernière création fait la fierté de son brasseur : « J’y mets des oranges entières et du poivre. Chaque cru vient d’un brassin différent ». Engagé dans la démarche Nature & Progrès, le brasseur tarnais mise sur le bio associatif et solidaire. Jusqu’à l’embouteillage de 35.000 bouteilles par an, qu’il fait à la main.

Le petit musée de la bière de Midi-Pyrénées

Rattrapé par son aptitude à enseigner et à transmettre, le professeur-brasseur a créé à l’étage le petit musée de la bière de Midi-Pyrénées. Enrichi au fil de ses trouvailles, il y présente tous les ustensiles nécessaires à son activité. L’étiqueteuse entièrement mécanique des années soixante, sert toujours à étiqueter quelque 400 bouteilles à l’heure.

Dans le grenier du fond, une pièce spéciale a été aménagée…en dortoir. « Pour ceux qui ont fait un passage au stand dégustation, lors d’une soirée », s’amuse Stéphane. Des choix éthiques qui vont jusqu’à sa perception de l’économie circulaire : « La taxation augmentée des bières, devrait se faire sur les produits vendus en canettes plastifiées que le consommateur écrase et jette n’importe où. Pour ce, on est, inversement, en train de réintroduire la notion de consigne. Déjà, beaucoup de mes clients rapportent les bouteilles en verre. Nous essayons de mettre en place un cycle de recyclage », dit-il.

Il est d’ailleurs en train de remettre en route une laveuse pour nettoyer ces contenants avant de les remettre en service. Son but : attirer un maximum de visiteurs pour générer plus de 40% de vente sur place.
Anne-Marie Bourguignon