ToulÉco Tarn

Publié le mardi 26 février 2019 à 19h39min par Philippe Font

Du rififi au cabaret « Les folies fermières » à Garrigues

Article diffusé le 16 février 2019

Présenté comme projet exemplaire en 2016, le cabaret à la ferme « Les folies fermières » est freiné dans son développement à cause de la loi sur l’urbanisme. Le maire de la commune et l’agriculteur porteur du projet s’opposent sur la ligne à tenir.

Des bottes d’agriculteur aux souliers vernis de patron de cabaret. Chaque semaine, David Caumette, 37 ans, installé à Garrigues dans le Tarn, commune de 276 habitants à quarante kilomètres de Toulouse, change de costume, de chaussures et de métier au gré de ses activités. Le matin auprès de ses vaches, l’après-midi à l’atelier de boucherie installé à côté de sa maison et le soir micro en main où il assure l’ambiance du cabaret « Les folies fermières ».

Après avoir travaillé dans l’enseignement agricole, David Caumette décide de tout plaquer en 2007 pour reprendre l’élevage familial. Mais il se rend vite compte que le modèle proposé n’est pas viable et décide de diversifier l’activité de la ferme : la boucherie, une ferme auberge, « avec uniquement des produits cultivés sur place », et un cabaret dans le sous-sol de sa maison doté d’une scène sur laquelle transformistes, danseuses, sosie de Claude François voient le jour… Si le modèle a rencontré un réel succès avec une quarantaine de dates dans l’année pour le cabaret, David Caumette qui a été désignée en 2016 par la Région « start-up agricole d’Occitanie », voit plus grand. Soutenu notamment par le réseau des Fermes auberges et la Chambre d’agriculture, il a comme projet de construire une salle de 1000 m² juste à côté de son habitation.

Création d’une dizaine d’emplois

Mais c’est là que les soucis débutent. La mairie lui refuse le permis de construire, avançant le projet n’a rien à voir avec une activité agricole. « Par rapport au code de l’urbanisme, il m’est impossible de lui accorder ce permis, il veut construire une vraie salle de spectacle. Je me dois d’appliquer la loi. Si je ne le faisais pas on pourrait m’attaquer en justice pour cela », justifie Bernard Bolon installé dans le fauteuil de maire de Garrigues depuis 2001. De son côté David Caumette multiplie les initiatives : il vient d’écrire un livre dans lequel il raconte son histoire et s’apprête à saisir le tribunal administratif.

« Dans mon village il ne reste plus que moi comme éleveur. Le modèle de ma « start-up » fonctionne : j’ai créé dix emplois depuis 2008. Il y a beaucoup de communes rurales qui se battent pour avoir un commerce ». Alors que certains, dont le maire, lui conseillent de déménager sur une autre commune pour développer son concept, David Caumette n’en démord pas et affirme catégorique. « Il n’en est pas question, ma famille est installée ici depuis quatre générations ».
Philippe Font

Sur les photos : En haut : David Caumette a créée le premier cabaret à la ferme « Les folies fermières ».
En bas : Des artistes du cabaret « Les folies fermières » .Crédits : DR

P-S

« Les folies fermières », Editions du Rocher. Prix : 16,90 euros.

2 Commentaires

  • Le 13 février à 08:19 , par joseph

    heureusement que certains maire stoppent les mauvaises bonnes idées de certains .
    Ce monsieur , fort du capital sympathie accordée sans contrepartie ni intelligence aux paysans , est pret à deranger les pauvres neoruraux venus s’installer à la campagne pour etre au calme .
    Cette salle de spectacle n’a effectivement rien à faire dans cet endroit .
    Le pretexte de creation d’emploi ne doit pas etre systematiquement brandi pour justifier des nuisances . On est tres loin d’une tradition paysanne .
    Je plains les voisins de ce triste sir .

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