ToulÉco Tarn

Publié le mardi 19 novembre 2019 à 18h35min par Emilie Gilmer

CRM Méca forme ses futurs collaborateurs pour poursuivre sa croissance

Le groupe tarnais CRM Méca – spécialisé dans l’usinage de pièces et la réalisation d’ensembles mécano-soudés pour l’industrie – a trouvé une solution innovante pour faire face à ses besoins spécifiques de recrutement : la mise en place d’un centre de formation éphémère.

CRM Méca, qui a fêté en avril dernier ses vingt ans d’existence, n’est pas en panne d’idées pour poursuivre son développement. Depuis le rachat en juillet 2016 de l’entreprise de mécanique Labarthe, le groupe tarnais est organisé en trois unités de production : deux situées à Blaye-les-Mines dans le Tarn et une à Onet-le-Château en Aveyron.

« Avec cette opération de croissance externe, notre objectif était de nous donner des moyens de production supérieurs », précise Martine Païs, présidente du groupe. « Cela nous a permis d’adresser de nouveaux secteurs (le nucléaire et l’aéronautique), qui se sont ajoutés à nos secteurs historiques (le pétrole, l’oil and gas et le ferroviaire), tout en nous renforçant dans l’armement et la défense. » Mais l’ambition du groupe ne s’arrête pas là. « Si nous voulons une croissance à deux chiffres – elle s’élève aujourd’hui à 8 % – nous devons nous tourner davantage vers l’étranger », précise la présidente.

Développer une culture de l’export

Un objectif qui suppose, selon la présidente, la mise en place d’une véritable « culture export », amorcée par la création il y a peu d’un service commercial export. Aussi, tandis que le travail démarre déjà avec la Pologne, la Belgique et l’Espagne, d’autres pays sont dans le viseur : le Mexique l’Argentine et les USA. De nouveaux marchés pour lesquels le groupe tarnais entend maintenir sa stratégie.

« Nous avons une forte valeur ajoutée technique et une réactivité qui nous permettent de répondre aux besoins de grands comptes comme la SNCF, RATP, Alstom, Bombardier, Schlumberger, etc. », indique Martine Païs. « Notre objectif est de poursuivre dans ce sens, c’est-à-dire ne jamais devenir un supermarché de l’usinage ! » Une stratégie que le groupe espère fructueuse au vu de ses objectifs de croissance : « Nous réalisons aujourd’hui 13 millions d’euros, nous visons les 20 millions d’euros dans trois ans. »

Un centre de formation éphémère

Restait une difficulté à surmonter : trouver les compétences susceptibles d’accompagner cette croissance, sur un marché en pénurie de fraiseurs, tourneurs et mécano soudeurs… « Avec l’aide de Pôle Emploi et de l’UIMM [1], nous avons mis en place une cession de recrutement par simulation », explique la DRH Anne Gillet. « Une centaine de demandeurs d’emploi, femmes et hommes, issus d’horizons divers, s’y sont soumis. » À la suite d’un entretien individuel, dix-sept d’entre eux été sélectionnés pour suivre un programme de 400 heures de formation.

Enfin, douze personnes ont finalement intégré l’entreprise via un contrat de professionnalisation afin de préparer, en interne, un diplôme d’opérateur-régleur sur machine-outil à commande numérique. Originalité du concept : CRM a constitué des binômes avec des collaborateurs en place afin que les « apprenants » soient tutorés en interne. Objectif : une intégration en CDI au 1er juillet 2020.
Emilie Gilmer

Sur la photo : Martine Païs, Martine Païs, présidente du groupe CRM Meca. Crédits : DR.

Notes

[1Union des industries et des métiers de la métallurgie