ToulÉco Tarn

Publié le mardi 27 mai 2014 à 21h40min par Anne Marie Bourguignon

Briatexte. La maroquinerie Philippe Serres exporte son savoir-faire tarnais

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La SARL Kiplay, plus connue sous sa marque Maroquinerie Philippe Serres, fabrique des articles de poches en cuir depuis 1927 et quatre générations. Leurs sacs, sacoches et autres porte-monnaie visent aujourd’hui le marché du luxe.

C’est un véritable trésor de savoir-faire en maroquinerie qui s’est développé dans la plaine de Recourdiès à Briatexte. Depuis les semelles en cuir que fabriquaient Adeline puis Odette, et encore Laurette, les aïeules de l’actuel gérant Philippe Serres, les petites mains coupent, cousent, collent, bordent avec dextérité chaque pièces de cuir. Des cuirs de provenance locale, régionale ou française. Ici, la main d’œuvre représente 50% du coût du produit fini.

Dans l’atelier, une quinzaine de personnes à grande majorité féminine s’affaire à terminer une belle commande de grands sacs à main, très haut de gamme, pour un client…Japonais. Environ 40% du chiffre d’affaires de 900.000 euros, en progression, est en effet réalisé à l’export principalement au Japon, mais aussi en Angleterre et un peu aux USA. Des clients trouvés à Paris, sur les deux ou trois salons professionnels de Made in France.

Co-traitance haut de gamme

« Nous travaillons en co-traitance avec les grands noms de la haute-couture et du prêt-à-porter de luxe comme Jean-Paul Gaultier, Lacroix, Hermès. Tous nos modèles sont créés sur place à partir de leurs desiderata. Nous assurons un rôle de conseil auprès d’eux sur le choix des peaux, des modèles etc. », explique Philippe Serres, le chef d’entreprise qui essaie d’implanter sa propre marque éponyme sur le marché. Un passionné de la matière et de ses applications sous toutes les coutures. La maison Serres vient de recevoir le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), une marque de reconnaissance de l’excellence de l’Etat.

Besoin d’investissement et de soutien

Or, malgré un succès indéniable et une pluie de commandes, l’entreprise est freinée pour l’heure dans ses perspectives. Après un redressement judiciaire, en 2009, elle a dû changer de politique commerciale et trouver 80% de nouveaux clients pour pallier à la perte de chiffre d’affaire et aux licenciements d’une trentaine de personnes. Car après les années euphoriques, il lui a fallu réduire la voilure en passant par la voie judiciaire. Un mal nécessaire pour sauver l’entreprise. « Nous sommes en pleine expansion mais faute de pouvoir investir à ce jour, nous ne pouvons répondre qu’à 10% du potentiel de commandes », regrette le dirigeant qui espère un déblocage de la situation. Ce qui lui permettrait d’embaucher à nouveau.
Anne-Marie Bourguignon
Photos A-M. B.