ToulÉco Tarn

Publié le mardi 22 octobre 2019 à 17h37min par Emilie Gilmer

Textile. Bandit Manchot donne une seconde vie aux peaux de cuir

Créée il y a dix ans à Graulhet, la société Bandit Manchot utilise les peaux de cuir issues de grandes maisons et destinées au rebut pour créer des objets de maroquinerie. Un concept original, qui valorise le savoir-faire tarnais.

À l’heure où les ateliers du cuir graulhétois ouvrent leurs portes au grand public [1], la société Bandit Manchot illustre avec brio le renouveau de la filière. Tout a commencé il y a dix ans grâce à l’idée originale de trois passionnées de mode et d’arts décoratifs : une Graulhétoise, Marie-Laure Biscond, et deux Parisiennes, Marie-Christine Frison et Anne Duquesnoy. « Je travaillais pour la maroquinerie familiale Biscond et mes deux futures associées étaient nos stylistes en freelance », explique Marie-Laure Biscond. « Quand l’entreprise a mis la clé sous la porte, on s’est dit qu’il fallait qu’on crée quelque chose ensemble. »

L’entreprise démarre alors son activité avec la fabrication de cartes postales en cuir, bientôt suivies par des portefeuilles, des trousses, des cabas et autres objets de déco. Le tout porté par une idée astucieuse : « Nous sommes précurseures dans la réutilisation de peaux de cuir », précise-t-elle. « C’est-à-dire que nous rachetons des peaux non utilisées – des fins de série par exemple – auprès de grandes maisons de maroquinerie française (chausseurs, tanneurs, etc.) et nous les utilisons pour produire nos collections dans notre atelier tarnais. »

Une croissance à deux chiffres

Une fois le cuir coupé, les produits sont alors directement confiés à des piqueuses graulhétoises. Cette simplification des étapes permet à l’entreprise d’être compétitive – la croissance est à deux chiffres chaque année depuis trois ans – et surtout, de continuer à innover. « Notre objectif est de trouver toujours de nouvelles idées atypiques », remarque Marie-Laure Biscond. « Nous avons mis au point, par exemple, des étagères en cuir qui prennent la forme de l’objet que l’on met dans les sangles, et plus récemment des chaussons de fabrication 100 % graulhétoise. »

Aujourd’hui, les produits de Bandit Manchot sont présents dans plus de 300 points de vente en France (concept stores, boutiques déco, etc.) et commercialisés via le salon Maison & Objet, deux fois par an à Paris, ainsi que via une boutique en ligne (www.banditmanchot-boutique.net). Ils sont également distribués à l’étranger (Belgique, Suisse, Allemagne, Espagne), pour environ 10 à 15 % de la production.
Emilie Gilmer

Sur les photos :
En haut : Marie-Laure Biscond, Marie-Christine Frison et Anne Duquesnoy sont les trois associées à l’origine de la société graulhétoise. Crédits : @Ann Jarret - DR.

En bas : Les chaussons en cuir 100 % graulhétoise, dotés d’une semelle en cuir végétal sont une des dernières créations de Bandit Manchot. Crédits : @Laurent Aug - DR.

Notes

[1« Graulhet, le cuir dans la peau » se déroule les 23 et 24 octobre

1 Commentaire

Répondre à cet article